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« Or, quand vous priez, n’usez point de vaines redites, comme font les païens ; car ils s’imaginent d’être exaucés en parlant beaucoup »
(Matthieu 6:7)

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Image : Craig T. Owens

J’ai l’ennui de connaître dans ma famille une personne qui adore faire de longues prières à table. Pour moi qui me contente d’un « Seigneur, je te remercie pour ces aliments ! », éventuellement décliné sous une forme plus sociale en raison de la présence d’une ou plusieurs personnes au même repas que le mien, les prières de ce parent sont un supplice. Parfois, quand des incroyants sont à la même table, on entend des fous rires pendant sa supplique. Tout y passe, de la faim dans le monde (un classique chez bien des évangéliques qui me semblent davantage le dire pour rallonger qu’en raison d’un souci réel à ce sujet) à l’évangélisation, ou presque.  A la fin, heureusement que la moisissure n’a pas encore pu se développer. Il remporterait haut la main le championnat du monde du bénédicité le plus long… Quoique… Combien de chrétiens occupent un temps de bénédiction, de louange ou de prière collectifs privant les autres d’exprimer à haute voix leur reconnaissance ou leurs requêtes ? Et Dieu dans tout cela ?

N’étant long que lorsque je trouve les circonvolutions utiles, et disposant de l’idée que Dieu est omniscient et omniprésent, en plus d’être bon, je ne juge pas utile de lui expliquer ce qu’il peut faire ni d’insister pour qu’il bénisse mon repas : il est bon, il le fera. A ce stade de la rédaction me vient d’ailleurs une anecdote quant à sa bonté : il y a huit ans, je m’étais acheté un laurier rose pour agrémenter ma cuisine d’un arôme méditerranéen, et il m’arrivait d’en mâcher des feuilles. Dans mon enfance, nous avions un laurier dans le jardin ; voilà pour l’explication. Mais il ne s’agissait pas du même laurier, le rose étant toxique, une feuille pouvant tuer un homme. Des soldats de Napoléon perdirent la vie en en utilisant pour rôtir des agneaux. Je ne le savais pas, mais peu importe ! Dieu savait, était là et se caractérisait par sa bonté : je n’avais pas songé à faire des prières astronomiques avant de mâcher ces feuilles, je n’avais même pas imploré la grâce de Dieu sur ma consommation. Encore moins demandé qu’il bénisse mes activités concomitantes à ma dégustation. C’est en recherchant des informations pour m’occuper de mon laurier rose que je découvris que je consommais du poison. Jamais je n’avais ressenti le moindre malaise après en avoir utilisé. Bref ! il est inutile de prier longuement Dieu au risque de le soûler de paroles avant d’avoir entamé son premier verre de vin, il est déjà heureux d’un « Merci ! » court mais venant du cœur et qui lui est adressé, à lui vraiment, et non aux compagnons supposés admiratifs.

Des prières sophistiquées pour un Dieu de simplicité ?

Dieu est simple avec l’homme, sa façon de penser n’est pas la nôtre, elle est déjà sans prétentions ridicules, et c’est une grande différence. Ainsi, Jésus pouvait multiplier les bénédictions sous forme de pain et de poissons, tout en déconseillant de multiplier de vaines paroles. Parce que Dieu n’est pas une divinité païenne qu’il faudrait invoquer même au prix du sang comme les prophètes de Baal (1 Rois 18:22-38). Sa façon de penser est également empreinte de bonté : il suffit de demander la bénédiction pour l’avoir sur son repas, car Dieu se réjouit de voir ses enfants entretenir leurs corps… Jésus a ainsi illustré la grâce de Dieu : « Quel père parmi vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? ou s’il lui demande du poisson, lui donnera–t–il un serpent au lieu d’un poisson ? Ou s’il demande un œuf, lui donnera–t–il un scorpion ? » (Luc 11:11-12). Qui pourrait penser qu’un père censé être bienveillant, selon l’exemple de Jésus, pourrait exiger des formes pour bénir un repas plutôt que d’écouter les prières ou agréer les louanges venues du fond du cœur ? Soit les longues prières ont pour finalité la visibilité d’une super-spiritualité, soit elles ont pour justification une méconnaissance de la simplicité de Dieu. Soit les deux.

long prayersImage : poemsofjoy.com

Ainsi, Dieu étant bon et omniscient, même un oubli dans la prière ne la rend pas ineffective. Même omettre l’un ou l’autre mot du « Notre Père » n’emportera pas de rejet de la prière par Dieu : il ne s’agit que d’un modèle de prière pour que les disciples réalisent la bonté paternelle de Dieu. Et de surcroît un modèle bien court… Terriblement court par rapport à ce que l’on peut entendre lors de certains repas ou pendant différents cultes.

Je lisais un jour l’histoire d’un prisonnier chrétien en Chine qui, tant affaibli par les privations et les violences, n’avait plus la force physique de parler, la lucidité pour dire mentalement une prière ou une louange. Cet homme avait alors eu cette lueur, il s’était levé et tenu droit devant Dieu en guise de prière. C’était tout ce qu’il pouvait encore faire, mais c’était, j’ose le supposer, plus intense pour Dieu que les prières extensives : « Seigneur, tout mon être désire t’adorer, mais mon esprit est tellement confus que je ne peux même pas prier. Si je me tenais debout dans ma cellule, accepterais-tu cela comme un acte d’adoration ? » (1).

Parmi les vaines paroles, il arrive que l’on entende même suite à un événement au moins désagréable : « Seigneur, fais que ça ne soit pas arrivé ! »… Et l’on a alors très envie de demander à la personne de répéter ce qu’elle vient de dire, non pas pour rallonger mais pour être sûr d’avoir bien entendu… Ce qui est arrivé étant forcément arrivé, quand bien même on l’effacerait, ce sont là des paroles vaines. Certes, pas forcément dans le but d’étendre la prière dans le temps, mais leur vanité est là. Je peux tout à fait comprendre que, sous la stupeur, on puisse prononcer des paroles de ce type, mais cela ne change rien quant à leur vacuité. Et ce sont cette vanité, cette vacuité que l’on retrouve dans nombre de prières et de louanges, par exemple dans les cantiques chantés en boucle tels des mantras pour faire réagir le saint Esprit.

Cela n’exclut pas de facto de prier longuement, Jésus passa au moins une nuit dans la prière (Luc 6:12) et pria longuement et même de manière répétitive juste avant son arrestation (Matthieu 26:38-44), mais le même Jésus ne fit pas dans la prière rhétorique, n’usa pas de la dialectique hégélienne pour étirer son temps de prière, ne dit pas « Abracadabra ! je déclare par la puissance de Dieu […] et […] ainsi que […] Dieu peut ressusciter Lazare ! » Que nenni, il fut sobre et demanda simplement à son ami décédé de sortir du tombeau (Jean 11:43). Et les quelques mots que Jésus prononça auparavant, il les dit parce qu’il fallait que la foule vît qu’il était bien envoyé de Dieu (v. 41-42).

L’enfant qui demande du pain à son père est simple et confiant, il sait que son père n’est pas stupide ou sourd. Ou malicieux au point d’exiger tout un décorum avant de satisfaire à la demande.

John John Summer

(1) « Héros d’hier-Et aujourd’hui ? », Éditions Farel, Frère André.

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« Ô quand sera-ce que je songerai à être en effet, sans me mettre en peine de paraître ni à moi ni aux autres ? » (Bossuet) (1).

Cette phrase extraite d’une lettre de Bossuet illustre densément la question du paraître qui trouve aussi place dans le milieu chrétien et se décline entre l’illusion donnée aux autres et celle à soi-même.

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   L’Église est, pour ainsi dire, une société de rachetés mais de rachetés encore terrestres. « Le cœur de l’homme est tortueux par dessus tout, et il est méchant : qui peut le connaître ? », demandait Dieu par le prophète (Jérémie 17:9), et tant que nous serons dans ce monde, nous serons soumis à diverses tentations et faillirons, et parmi elles celle du paraître. Présenter l’image du chrétien parfait, voire quasiment surnaturel en raison d’une prétendue connexion à très haut débit qui fait de soi un chrétien de l’éther net, très aérien et propre peut se faire en relâchant la pression par le biais d’une tartufferie presque vitale pour ne pas sombrer subitement comme après un diète mal gérée ; mais l’humain possédant un cœur tortueux, il est capable de se mentir à lui-même, sur ses vraies motivations, sur sa réalité.

 La psychologue Monique de Kermadec a mis en perspective deux études révélatrices du mensonge sur soi. La première, menée 1986, révèlait que 80% des automobilistes se considéraient plus adroits et moins dangereux que la moyenne : si cela est possible, dès lors que l’on quantifie la prudence et que 20% roulent tels des bateaux ivres, sans maîtrise, beaucoup moins bien que la moyenne, ça ne l’est pas dès lors qu’il s’agit de se positionner sur la moralité de sa conduite. Cette impossibilité logique sur le plan moral se retrouve également dans une autre étude, de 2013, menée auprès de prisonniers révélant leur sentiment d’avoir des dispositions morales supérieures à celles des intentions de la moyenne (better than average effect). Une supériorité morale illusoire, au vu des raisons de leur enfermement qui peut s’expliquer par le désir sinon le besoin de justification : ici, sur le plan des intentions, c’est une possibilité, rien n’assure que la majorité des gens ne rêvent pas de voler quand une dépense est impossible tout en songeant à voler, et commettre des crimes peut-être pires que ceux des condamnés, mais seuls les faits peuvent compter pour juger, et les prisonniers ont, s’ils n’ont pas été condamnés à tort, commis des délits et des crimes que n’a pas tenté la majorité. Dans les deux études apparaît une sur-indulgence envers soi si ce n’est également une surévaluation de ses aptitudes et qualités. Un biais cognitif qui vaut également pour l’estime intellectuelle que l’on peut avoir de soi ou l’appréciation de sa propre spiritualité.

 La Bible dit que le cœur humain ne peut être vraiment connu que de Dieu, et l’apôtre Paul assure : « Si je distribue tous mes biens aux pauvres, si même je livre mon corps aux flammes, mais que je n’ai pas l’amour, cela ne me sert à rien » (1 Corinthiens 13:3). Comment une telle distinction peut-elle exister ? L’abnégation jusqu’à la mort, n’est-ce pas une marque d’amour ? A priori, l’on serait tenté d’opiner. Mais le discernement, aussi bien extérieur qu’introspectif, peut amener à détacher les actes des motivations. Aussi bien un discernement purement psychologique, le fameux « Connais-toi toi-même » de Socrate (qui pour les Anciens invitait à l’humilité), que spirituel peuvent aider à comprendre les ressorts de ses gestes loués par l’assemblée et fièrement considérés par soi.

 « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du cœur » (Hébreux 4:12)

 L’abnégation, c’est en quelque sorte la mort à soi-même : renoncer à ce à quoi l’on est attaché, même la vie par amour pour une personne, un idéal. L’homme qui, comme le Christ s’est donné pour l’Église, doit être disposé à mettre sa vie en jeu pour protéger sa femme ; les parents qui doivent être prêts à faire prévaloir la survie de leur enfant menacé sur la leur ; le soldat qui est prêt à mourir pour défendre sa patrie. Rien que de la noblesse, mue par l’amour. Mais comment reconnaître le soldat qui, habité d’un fort amour pour sa communauté, sa famille, accepte le risque de voir son sang couler de celui qui, tête brûlée, en quête de gloire, meurt au combat ? La communauté n’a pas à tenter de discerner, elle doit rendre hommage à ceux qui ont veillé sur elle et ont péri, quel que fût le soubassement de leur bravoure. Et même ceux qui ne furent point braves, mais téméraire – car leur inconscience face au danger empêche de parler de courage -, car la communauté ne peut pas discerner.  Chacun verra sa mémoire et son sacrifice honorés… (et un jour oubliés), mais certains sont morts sans mourir à eux-mêmes, juste par vanité, la quête de la gloire, pure apparence. Et que dire de la personne qui se dévalorise tellement qu’elle peut sacrifier sans peine, sa vie ou son temps ? En apparence, elle pourra paraître dévouée alors qu’elle cherche peut-être de la reconnaissance, croit qu’en s’oubliant elle obtient le respect qui lui fait tant défaut. Elle pourra être honorée… (et un jour oubliée). Tout comme celle qui fait don d’elle-même dans la communauté des chrétiens et est motivée non par un désir d’abnégation mais celui de désir de paraître aux autres mais également à soi… car, dans ses méandres, le cœur humain peut inciter à se mentir sur soi. Comme peut-être dans le cas des 80% d’automobilistes se jugeant plus respectueux de la loi que la majorité des conducteurs ou les prisonniers assurant disposer d’un sens moral supérieur à celui de la majorité des citoyens en liberté. Dans le cas des chrétiens, Dieu fait la différence, l’entourage chrétien peut éventuellement discerner, que ce soit pour tendre la main ou éviter que la personne « dévouée » n’en fasse trop à son propre détriment ou celui de la communauté.

 Bossuet écrivait : « Ô quand sera-ce que je songerai à être en effet, sans me mettre en peine de paraître ni à moi ni aux autres ? Quand serai-je content de n’être rien, ni à mes yeux, ni aux yeux d’autrui ? Quand est-ce que Dieu me suffira ? Ô que je suis malheureux d’avoir autre chose que lui en vue ! Quand est-ce que sa volonté sera ma seule règle, et que je pourrai dire avec saint Paul : « Nous n’avons pas reçu l’esprit de ce monde ; mais un esprit qui vient de Dieu ? » Esprit du monde, esprit d’illusion et de vanité, esprit d’amusement et de plaisir, esprit de raillerie et de dissipation, esprit d’intérêt et de gloire, Esprit de Dieu, esprit de pénitence et d’humilité, esprit de charité et de confiance, esprit de simplicité et de douceur, esprit de mortification et de componction, esprit qui hait le monde, et que le monde a en aversion, mais qui surmonte le monde : Dieu veuille nous le donner. »

 Dès lors paraître pour être honoré ne comptera plus et paraîtra par ailleurs d’une grande futilité : en s’oubliant en apparence, on obtiendra les honneurs dans l’immédiat, mais le temps efface la mémoire du dévouement apparent… Y aurait-il un intérêt sérieux à passer pour ce que l’on n’est pas devant le monde alors que Dieu ne s’attache pas aux apparences qui dupent le monde ? Y aurait-il un intérêt sérieux à passer pour ce que l’on n’est pas devant l’Église alors que Dieu n’est pas ingénu ?

 Mais, et je terminerai sur cette conclusion ouverte, l’on peut se mentir sans rechercher les honneurs : l’éducation, le conditionnement peuvent favoriser des dispositions de service qui n’ont que peu à voir avec l’amour. Ainsi des enfants de pasteurs éduqués pour faire honneur à leurs parents dans la communauté et qui se dévouent sans compter aux autres peut-être sans jamais examiner les tréfonds de leurs motivations (il ne s’agit pas de plonger dans une introspection ennuyante car abusive) et qui peuvent croire être mus par le seul amour alors que c’est la seule manière d’être dans l’église qu’ils connaissent pour être de bons chrétiens. En toute chose, demander à Dieu de juger les sentiments et les pensées du cœur, sans que cela ne devienne une obsession puritaine, m’apparaît comme sain. « Il faut qu’il croisse et que je diminue » (Jean 3:30) ; et plus il croît, plus l’on peut apprendre de lui sur soi, sur ses motivations.

John John Summer

(1) « Œuvres complètes de Bossuet, Tome onzième, Lettres diverses »

Il n’est pas besoin d’être juif, judaïsant, ou encore ami d’Israël pour trouver appréciable cette liberté dans un chant « religieux » célébrant la nouvelle année hébraïque. Que l’on aime ou pas ce style de musique, pareillement : on peut toujours apprécier cette liberté, même s’il est dommage que le message soit plus humaniste que biblique. Mais c’est un autre sujet…

 

Dans une Égypte quotidiennement en proie à la violence, souvent à l’encontre des chrétiens, 1 400 d’entre eux, âgés de 8 à 14 ans, se sont réunis pour prier, rapporte Assist News Service. Ils ont demandé à Dieu de les transformer afin qu’ils soient comme le sel et la lumière de leur pays (Matthieu 5 : 13-16). Une rencontre qui peut évoquer les controversés Jesus Camps aux États-Unis, dénoncés comme lieux d’embrigadement, mais qui semble avant tout destinée à fortifier les enfants dans un pays de persécution.

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Enfants égyptiens priant et adorant Dieu au One Thing Kids Festival .

Ce premier One Thing Kids Festival a été retransmis par la chaîne SAT-7 et également diffusé sur cinq chaînes en arabe, en farsi et en turc, et vise 15 millions de téléspectateurs. Il s’est déroulé du 16 au 18 juillet, dans l’oasis du désert Wadi el Natroun, qui fut longtemps un centre historique de prière pour les moines et les pèlerins. L’évènement a été initié par l’église évangélique Kasr el Doubara et le Ministère de la Prière des Enfants du Synode du Nil de l’Église presbytérienne. Les organisateurs expliquent leur projet par une volonté de transformation : « Notre vision, c’est que cette génération prie et adore Dieu, et soit rempli de l’Esprit saint pour être en mesure de changer le monde. » Prier pour être des acteurs du changement dans une société où être chrétien, c’est vivre les discriminations et encourir le risque de se faire tuer pour sa foi…

Les enfants ont joué un rôle essentiel dans cette rencontre, que ce soit dans la chorale du culte ou en aidant à conduire des temps de prière pour eux comme pour leur pays. Le directeur de l’organisation, Farid Samir, a déclaré : « Nous avons vu les enfants adorer et prier avec leurs cœurs innocents, entendre la voix de Dieu et partager son message. Certains enfants ont parlé de leurs expériences spéciales avec le Seigneur. » Et d’ajouter croire que cela mènera à la réconciliation en Égypte, et que les communautés chrétiennes retrouveront leur luminosité et leur salinité.

Sel et lumière dans la persécution même à l’encontre des enfants

L’Égypte est l’un des pays où les chrétiens souffrent le plus : régulièrement attaqués par des islamistes, ils doivent faire face à une police et une justice complaisantes envers leurs agresseurs. C’est ainsi qu’en mai 2012, la justice a condamné des chrétiens à la prison à vie pour s’être défendus, tuant deux de leurs agresseurs, parmi les musulmans qui avaient tenté de les assassiner. Ces derniers n’avaient écopé d’aucune peine. Ou encore, la police conseille parfois aux chrétiens d’obéir aux islamistes qui les menacent. Des jeunes filles chrétiennes sont enlevées, comme Jessica à l’âge de 7 ans pendant le mariage de son oncle, une pratique qui a augmenté de 145% de 2012 à 2013. Et désormais les islamistes attaquent particulièrement les enfants chrétiens. Récemment un enfant copte de 6 ans, Cyril Youssouf Saad, a été enlevé et ses parents ont dû payer l’équivalent de 4 500 dollars de rançon. Une fois la somme réunie et payée, le petit garçon a été tué et jeté dans un égout.

Le sel et la lumière de la Terre dont parle Jésus dans les Béatitudes est une image suivant les versets concernant le pardon (Matthieu 5 : 7), l’humilité dans l’épreuve : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux ! Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi » (Matthieu 5 : 10-11). Sel et lumière dans un rassemblement d’enfants et au-delà, mais un rassemblement sérieux et grave, dans la joie. Un engagement pris en connaissance de cause.

John John Summer

C’est une histoire qui n’aurait pas déplu à John Eldredge, l’auteur d’Indomptable, le secret de l’âme masculine, c’est l’histoire d’un homme passionné, prêt à risquer sa vie pour savourer la vie. Nick Wallenda est entré dans la légende en étant le premier homme à franchir deux points opposés du Grand Canyon sur une corde, au-dessus de la rivière Little Colorado dans l’Arizona. Sans harnais de sécurité, armé de son courage. A l’arrivée, l’homme, qui est chrétien, a remercié Dieu tout en assurant qu’il n’a pas joué avec sa vie en comptant naïvement sur la foi.

Nick Wallenda appartient à une lignée d’équilibristes qui s’étend sur sept générations largement endeuillées par des chutes. Son grand-père est mort en 1970 au cours d’une représentation à Porto Rico, et d’autres membres de sa famille dont un cousin et un oncle ont péri dans des circonstances similaires. L’homme ne se croit pas à l’abri de tout risque quand il pose son pied sur la corde, au risque de mal comprendre la foi. Dans une déclaration à CBN, Wallenda a expliqué: « Ce que je fais ne m’apparaît pas plus dangereux que le travail d’un policier, c’est extrêmement calculé. Je ne pense pas que Dieu me garde sur la corde mais que Dieu m’a donné un talent unique. Et c’est à moi de m’entraîner correctement pour le développer. »

L’homme qui avait déjà franchi les chutes du Niagara l’an passé, a cette fois-ci rejoint deux bords opposés du Grand Canyon. 22 minutes n’auront pas été de trop pour marcher sur une corde avec 450 mètres de vide sous les pieds. La diffusion télévisée a été décalée pour ne pas montrer en direct son éventuelle chute. Nick Wallenda se réjouit : « C’est extrêmement lucratif, plus que je n’en ai jamais rêvé. L’université des enfants est payée, et j’économise pour ma retraite. »

On pensera ce que l’on voudra du jeu avec la mort, mais il reste que Nick Wallenda se garde bien d’engager à tort le nom de Dieu : il sait qu’il peut chuter, et il ne voudrait, semble-t-il, pas que l’on croie qu’il avait pris le risque en se croyant guidé par Dieu. Comme chez l’aventurier de Man vs Wild, Bear Grylls, également croyant et pratiquant, la performance de Nick Wallenda n’a aucune visée chrétienne, elle se distingue ainsi de celles de ces chrétiens déraisonnables tel ce pasteur qui jouait avec des serpents, finissant par y laisser la vie, ou cet autre chrétien entré chez les lions en se prenant apparemment pour le prophète Daniel parmi les fauves.

John John Summer

Officiellement née au cours d’un synode tenu entre le 8 et le 12 mai dernier à Lyon, l’Église Protestante Unie de France, vient de publier un communiqué sur la fin de vie, alors que la proposition n°21 du candidat Hollande sur l’euthanasie sera l’un des prochains sujets de société.

 IHS News.

IHS News.

Dans une démonstration de savoir-faire en matière d’acrobatie à envoyer à toutes les écoles de diplomatie, la nouvelle organisation de communion luthérienne et réformée annonce qu’elle ne prendra pas position sur le sujet et dit se référer à « l’Evangile de Jésus-Christ », pour justifier sa position. Une lettre précédant de peu la journée de réflexion de ce samedi 22 juin de l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace-Lorraine quant à savoir s’il faut ou non bénir des mariages homosexuels.

Le 18 décembre 2012, le Professeur Sicard remettait au Président de la République un rapport sur la fin de vie, dont les conclusions ouvrent la porte au suicide assisté et à l’euthanasie. Fidèle à ses convictions, l’Eglise catholique en France a exprimé ses réserves sur le texte, précisément quant au risque de légalisation et de dépénalisation de l’administration médicalisée de la mort. Le porte parole de la Conférence des évêques de France, Mgr Bernard Podvin, a appelé à la vigilance et remémoré les dénonciations du Pape Benoît XVI au sujet des pressions en faveur de l’euthanasie qui sont exercées sur les personnes les plus fragiles « dans une société fortement par les dynamiques de la productivité et les exigences de l’économie ». Des risques dénoncés même par la peu catholique candidate de Lutte Ouvrière à l’élection présidentielle de 2012, Nathalie Arthaud, dans une mise en garde qui témoigne de l’universalité de telles craintes, si quelqu’un était tenté de prétendre le contraire. Et pourtant, l’EPUF préfère ne pas se prononcer.

L’EPUF, qui ne regroupe pas les cultes luthériens et réformés d’Alsace-Moselle et représente une minorité dans le paysage varié du protestantisme, semble se positionner comme l’interlocuteur protestant de référence. Elle affirme que « Les protestants ont une manière particulière d’aborder les questions éthiques. Ils n’entendent pas tracer les périmètres du licite et de l’illicite, ni poser des normes qui devraient s’imposer à tous […] Sur des questions aussi graves et sensibles que celles qui surgissent autour de la fin de la vie humaine, il ne saurait en effet y avoir de point de vue surplombant. Individuellement et collectivement, nous sommes tous en débat, en recherche, bien souvent tâtonnante. » Pour une critique résumée : comment parler pour ne rien dire…

« En marche, les humbles ! »… en faisant des ronds de jambe

Son « texte adressé le lundi 17 juin aux autorités politiques (exécutives et parlementaires), au président du Conseil consultatif national d’éthique, au président de l’Ordre des médecins et à des personnalités religieuses » appelle, certes, à développer les soins palliatifs, mais ne se positionne aucunement sur l’avenir de la Loi Léonetti de 2005 sur la fin de vie : l’EPUF assure « examiner sans exclusive l’éventualité d’une nouvelle étape législative », sans signifier ce qui ressort déjà de cet examen. Pourtant elle renvoie notamment au document de la Fédération protestante de France d’il y a une décennie, intitulé « Euthanasie et assistance aux mourants : éléments de réflexion, FPF 2004 » et reprenant un travail de 1991, qui dénonçait l’acharnement thérapeutique et affirmait qu’un médecin donnant la mort ne saurait être soustrait à ses responsabilités. Un renvoi par une lettre au ton timoré, en accord avec tout le monde, et au vocabulaire plus que diplomatique, comme pour ne pas être en reste dans la prise de position tout en évitant d’en prendre une. Une volonté de froisser le moins de monde possible, sinon de ne pas être assimilée aux catholiques (?) qui laissera plus d’un dans le doute…

L’EPUF, qui célébrera en 2017 les 500 ans de la Réforme sur le thème « Protester pour Dieu, protester pour l’Homme : quelles sont nos thèses pour l’évangile aujourd’hui ? », aura manifestement du chemin à parcourir en 4 ans avant de proposer une thèse claire sur ce sujet. En attendant, elle pourra piocher dans la mise en garde de l’Académie de Médecine qui dénonce la « sédation terminale » dont la finalité est l’administration de la mort, et refuse la confusion entre « fin de vie » et « arrêt de vie », qui « ne peut être assimilé à un acte médical ».

(A meditation I brought two years ago.)

Reading : 1 Kings 19

Elijah was a great prophet, having seen a powerful God, but depressed due to Queen Jezebel’s threats on his life, after yet having triumphed over the 450 prophets of Baal.

Scared of those threats, Elijah ran away; withdrawing into himself, he felt lonely (19:10) and disarmed. Nevertheless, one hundred prophets had been hidden before his victory (18:4) and God is about to reveal to him that he has reserved seven thousand faithful men in Israel (19:18).

The Lord comes in the desert, near the cave where is Elijah, asking him what he’s doing there.

Outside, on the mountain, there is a powerful wind devastating the rocks; after that, an earthquake, and then a fire, but God is not within. Then, there is a small voice: thereby, God, present in this breeze, encourages Elijah.

This faithful prophet knew the miracles and the power of God, he had seen that the Almighty had burned a drenched altar when he vanquished the Baal’s servants -it was not a narrow victory!-, or a child rose from the dead. Elijah did not need any display of power, but that God closed in on him: he needed the closeness of the Lord – the latter knew his needs. The Lord knew that asserting his strength would not  have helped Elijah who did not only look for a strong God, but a God with sweetness. And God will give him a friend, an earthly friend (moreover, this earthly friend is a kind of symbol: a man ploughing the soil, for Elijah needed communion with a human being too).

Therefrom, I guess that there was no closeness between Elijah and the people. The people came near him, but was quite passive, a kind of bystander.

Dwelling together in unity, in nearness

In this perspective, I have thought of 1 Corinthians 13 (till the end). Talking about Revival, lots of Christians describe something that seems to be an impressive show. For them, the most important things are charismata, miracles, etc. Or spending a nice time of worship is considered as a revival. Yet, 1 Cor. 13 says one could have enough faith, so that one could remove mountains, or could speak in the tongues of angels, or could be an erudite theologian understanding all mysteries, one is nothing without love. « Nothing » means that spiritual gifts, miracles, knowledge, and even self-sacrifice are not above love. And that without loving, Christian people are spiritually fruitless, because those works are in the flesh. For love is even beyond faith and hope. Revival is first and foremost the fruit of the Spirit. And excellent as charismata, miracles or self-sacrifice may be, they are less important than love. For the purpose of gifts is the growth of the Church (1 Cor.12:7). Dwelling together in unity (Psalms, 133:1), increasing in love, growing together, is the aim of God’s family, unity. We are members of the same body (1 Cor. 12:12-27), even those who seem to be weaker (v.22). Weaker like Elijah in the desert. Aiim of the gifts is love, the closeness, the same as between Elijah and Elisha. There, there is the Revival as when the angel came, twice, to wake up Elijah.

Closeness means to consider the brethren (1 Cor.12:26; Romans 12:15). One does not deeply love God without loving one’s brother. Worshiping to spend a nice time, while forgetting one’s brethren is not a gathering in love. Jesus said : « For where two or three are gathered together in my name, I am there in the midst of them » (Matthew 18:20), and the disciples who meet to pray or worship have love for one another (John 13:34-35). For example, having a nice time in worship while not considering (even ignoring) a sister or a brother could be something like in this verse : « Like one who takes away a garment in cold weather, and like vinegar on soda, is one who sings songs to a heavy heart » (Proverbs 25:20). Closeness is something coming from God, like between Elijah and Elisha. Going to church to see impressive demonstrations without loving one’s brethren is not the Revival.

Otherwise, there is a risk of schism (1 Cor. 12:25), not especially an important schism like between two denominations, but a wound in the brotherhood. Understanding the weaknesses, respecting the strengths of brethren, signifies unity despite disagreements. Consequently, it is possible to sing together, to dwell together and to desire it for all days of one’s life, like David (Psalms, 27:4). For dwelling in unity is like the unction (Psalms, 133:2). Unction means Revival.

John John Summer

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