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Archive for the ‘Société’ Category

Débats quant à la place et la définition de la religion dans deux sociétés historiquement de culture chrétienne et pratiquant des politiques d’accommodements raisonnables. Aux États-Unis, de la publicité de la religion lors des réunions administratives… Au Québec, de l’enseignement des religions et de l’éthique d’une manière telle qu’elle est susceptible d’attenter aux convictions religieuses des élèves ou de leurs parents…

Un cour d’appel fédérale américaine en Virginie a jugé le 19 septembre dernier que les membres de la commission du comté de Rowan, en Caroline du Nord, sont autorisés à débuter leurs réunions par des prières quasi exclusivement chrétiennes tant qu’ils respectent les croyances des autres. L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), dont l’un des objectifs est d’empêcher les autorités d’interférer avec les convictions religieuses des citoyens, avait porté l’affaire devant les tribunaux.

Pour aller plus loin : États-Unis : Une cour admet les prières quasi exclusivement chrétiennes dans un conseil de comté

Plusieurs articles en une huitaine dans la presse québecoise se penchent sur le cours d’Éthique et culture religieuse (ECR) suivi depuis septembre 2008 par les élèves de primaire et du secondaire, un cours substitué de force aux enseignements religieux devenus facultatifs en 1983. Face à cette sujétion, s’élèvent des critiques aussi bien sur le contenu relativiste que sur les atteintes à la liberté religieuse. En fait d’éthique, celle de la discussion chère à Jürgen Habermas, le philosophe de l’approche « dialogique » de la morale, ne serait pas respectée, un comble puisque le but affiché de l’ECR est de donner aux élèves des clés pour débattre dans un monde en mouvement.

Pour aller plus loin : Québec : des chrétiens, des athées et les nationalistes face au cours d’Éthique et de culture religieuse

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 A 85 ans, l’ancien Premier ministre français Michel Rocard avait un désir que paradoxalement seule la mort pouvait permettre d’assouvir, un hommage national posthume après une cérémonie protestante. C’est chose faite en ce 7 juillet, un jour défiant l’éternité. L’immaturité du vœu d’un homme octogénaire – personnage louable sur certains points – pourrait surprendre, à condition de le considérer comme immature. Or, dans tous les milieux, alors que nous sommes des morts en sursis, l’homme cherche des gratifications inutiles, dans bien des cas en faisant prévaloir une apparence sur sa réalité ; et tant de chrétiens n’échappent pas à la quête des gratifications terrestres dans l’église alors même qu’ils constatent l’inanité de celles souhaitées dans le monde.

 L’hommage aux Invalides est censé être rendu à des militaires. Qu’un homme politique ait pu demander à y bénéficier d’un éloge est révélateur de la conception qu’il avait de sa propre importance. Les Invalides sont le lieu de l’honneur rendu aux hommes de guerre qui ne sont généralement pas les premiers à rechercher la lumière médiatique, sauf pour faire passer un message dépassant leur personne. Dans la Grèce antique – comme dans les nations contemporaines -, à part ceux de Marathon, les corps des soldats tombés sur le champ de bataille étaient rapatriés autant que faire se peut ; également, étaient organisées des funérailles collectives supportées par la cité, solennelles, à visée civique. Un hommage qui ne rendait pas les disparus aux leurs, un hommage qui importe peu aux premiers concernés, mais nécessaire pour commémorer les héros, les remercier, consoler les proches et resserrer les liens. Homère, qui dépeignit ces hommages, les présenta sous forme dialectique ; alors que L’Iliade glorifiait la mort au combat, L’Odyssée loue la vie paisible de l’inconnu, les hommages ne ranimant personne. Il est correct qu’une nation honore ses héros, mais il est vain de vouloir être honoré après sa mort, que les honneurs soient ou non mérités. Comme est vaine toute quête de reconnaissance pour la reconnaissance : collection du plus grand nombre d’amis, désir d’être admiré à l’église ou dans la société en général, voir son nom en tête d’affiche. Un autre homme politique, auparavant militaire, semblait avoir compris l’inintérêt du grandiose posthume : le général de Gaulle avait demandé des funérailles simples et – sans succès – refusé les hommages.

L’inanité d’un habit impérial fondamentalement démonétisé

 « Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme ? », interroge le Christ (Matthieu 16:26). Dans le road movie sur fond de tragédie Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare, alors que l’humanité s’attend à sa destruction imminente par une météorite, l’entreprise où travaille l’un des deux personnages principaux du film propose des postes de direction désormais vacants. Des cadres supérieurs ont délaissé leurs bureaux, la société pense que la vanité de certains autres les poussera à vouloir de ces grades. Si le propos est caricatural, il ironise parfaitement sur l’étrangeté de courir derrière les honneurs quand défile le temps menant à la mort, autrement dit, non pas tant à la perte d’un acquis parfois nécessaire et bienfaisant qu’à la rencontre avec le Créateur qui n’est pas sensible aux apparences. Demander des funérailles nationales pour soi n’est pas plus ridicule que la quête de la gloire qui, au regard de l’éternité, ne subsistera pas davantage sur les os que la chair dans la tombe. Devant Dieu, l’homme est tel l’empereur nu de Hans Christian Andersen qui, absorbé par le souci de la durée de son apparence, revêt des habits différents à chaque heure et qui, appâté par le désir de se voiler d’un vêtement dont seuls les sots ne verraient pas le génie, se fait duper par des escrocs qui prétendent lui confectionner cet exceptionnel costume d’apparat ; le monarque se présente nu devant le peuple, seul un enfant, à l’esprit encore libre, démasque ouvertement – si l’on peut dire – le vrai.

Illustration du conte Les habts neufs de l'empereur, itu.dk

Illustration du conte Les Habits neufs de l’empereur, itu.dk

 Le conte Les Habits neufs de l’empereur pourrait être une parabole de la nudité de l’homme devant Dieu qui n’est dupe d’aucun stratagème de réécriture factice de soi. La perception divine n’est aucunement biaisée par un quelconque effet de halo, Dieu n’est pas plus impressionnable par les apparences, les titres humains accordés par les États, les médias ou les églises qu’il n’est influencé par des préjugés. On ne peut le convaincre qu’il se trompe sur soi. Le propos n’est pas de dire que seule une vie d’ascèse face aux récompenses est sensée, mais que la recherche de la récompense pour la récompense ou de l’apparence révèle une conception tronquée du sens de la vie puisque celle-ci ne s’arrête que biologiquement avec le dernier souffle qui éteint les feux de la rampe.

 Examinant l’essor du capitalisme, le sociologue Max Weber avait établi un rapport entre le protestantisme et le concept économique fondé sur le droit de propriété. Sa thèse était que si, certes, les catholiques connaissaient déjà le capitalisme, le puritanisme l’avait lui développé en en faisant une condition du salut de par l’énonciation que l’homme devait honorer Dieu au travers de son travail, à partir d’une lecture particulière de la Bible (Jean 9:4). La conception puritaine du droit de propriété a profondément irrigué l’économie américaine dans le sens où la réussite était synonyme de bénédiction divine. On voit dans le film Into the Wild, récit à peine romancé du sens de la quête de Christopher McCandless, un jeune homme qui a brillamment réussi ses études mais préfère prendre ses distances avec une société d’apparences, une famille d’apparences, et investir son temps dans une poignante aventure pour enfin respirer, son argent dans l’aide aux nécessiteux sans pour autant rechercher l’ostentation de la générosité. La prétendue bénédiction sociale est démonétisée pour le jeune homme à la perspicace confondante. Christopher est en recherche d’authenticité, de soi, de Dieu – avec un approche cependant panthéiste. Son temps est engagé, mais pas dans l’accumulation des honneurs pour les honneurs. L’indépendant McCandless avoue en paraphrasant Henry Thoreau dans Walden ou la Vie dans les bois, « Plutôt que l’amour, la célébrité, la foi, l’argent, plutôt que la justice, donnez-moi la vérité ! »

 Peut-être Christopher McCandless sentait-il que, sans la vérité, la justice était potentiellement injuste, l’argent capable de corruption, la foi dépourvue d’œuvres authentiques, l’amour égoïste ; et que, sans la vérité, la célébrité n’était pas justifiée, reposant sur de la pure apparence. Car la gloire non fondée en vérité n’est que de la boue, pour reprendre le mot de l’apôtre Paul quant aux apparences des faux docteurs (Philippiens 3:2-11). Il est difficile d’imaginer McCandless rêver d’un hommage national immérité à Arlington ou chercher à plaire à un ecclésiastique pour se sentir important dans une communauté religieuse ; le jeune homme avait davantage conscience de sa réalité qu’un octogénaire capricieux ou des chrétiens assoiffés de vaine admiration.

« Vanité des vanités, tout est vanité ! »

 La période baroque fut l’occasion pour les peintres de travailler une catégorie de nature morte nommée Vanité, un genre apprécié des calvinistes et des partisans de la Contre-Réforme en quête d’humilité. Philippe de Champaigne, Pieter Boel et tant d’autres dépeignirent de façon allégorique la précarité et le vide de l’existence humaine ; le vain ainsi désigné renvoyait au mot de l’Ecclésiaste (1:2) : « Vanité des vanités, tout est vanité ! » Peignant L’Allégorie des vanités du monde, Pieter Boel réunit toutes sortes d’objets qu’il juxtaposa à un sarcophage dont l’importance réelle est dévoilée par l’inscription qu’il porte, Vanitati S, autrement dit Vanitati sacrificium, le sacrifice à la vanité.

"Allégorie des vanités du monde", Pieter Boel.

Allégorie des vanités du monde, Pieter Boel,1633.

 L’accumulation que fait Boel peut sembler hétéroclite, mais ce qu’énumère le peintre, c’est la vanité sous tous ses avatars, qu’il s’agisse de la politique, du militaire, de l’art ou de la religion dès lors que ces activités existent non pour leur noble utilité mais sont menées dans un but de glorification de soi.

 Dans deux précédents articles, nous abordions les motivations de l’engagement dans l’église et les suffisamment longues prières censées faire l’admiration des autres fidèles. Si les chrétiens rappellent à juste titre le mot du Christ quant à l’absence d’intérêt à gagner le monde tout en perdant son âme, que de fois peut-on constater que ce qui est reproché au monde peut se retrouver chez les croyants sous les vêtements impériaux des titres, sous l’apparent humble habit qui ne fait pas le moine, sous la couverture ramenée à soi du temps de prière que l’on étire pour paraître le plus spirituel ! En fait, si ces chrétiens sont spirituels, c’est malheureusement à leurs dépens : ils le sont dans le sens de drôles, dans la mesure où Dieu se rit des apparences. Si le chrétien peut dénoncer la volonté d’apparence dans le monde, il ne devrait pas ignorer, encore moins que les incroyants, que Dieu n’est dupe de rien. Qu’apporte réellement d’être flatté dans une église, d’avoir le micro pour le micro – symbole d’importance pour plus d’un – , d’être considéré comme un chrétien modèle, de faire de gros chèques pour que quelques-uns le sachent ? Ou encore, entre un pasteur demandant de l’aide pour un déménagement et une simple fidèle prétendant à la même assistance, lequel aura le plus de chance de voir sa demande satisfaite, et quel en est l’intérêt réel devant Dieu  ? Si un pasteur ou tout autre chrétien bien situé dans une communauté ne sauve pas, il y a pourtant chez plusieurs un empressement à leur plaire, à devancer leurs demandes, ou plus largement à être admiré dans l’église.

  La faute n’est pas forcément celle des ministres du culte, et le propos n’est pas celui de la responsabilité – ni une critique du pastorat – mais de la recherche immature de l’approbation, de l’admiration voire de la citation qui ne sauve pas. Et qui constitue une perte de temps dans son rapport à soi, puisque l’on ne peut que savoir au fond de soi que l’on n’est pas forcément ce que l’on prétend être. Le monde n’a d’ailleurs que faire des gratifications dans l’église, Dieu pas davantage ; voilà qui relativise sérieusement l’intérêt de la lutte pour la visibilité.

 Michel Rocard nous a quittés le même jour que Michael Cimino, le réalisateur de La Porte du paradis, western de trois heures et demie décrivant le sort d’immigrés européens essayant de survivre dans l’âpre jeune nation américaine. Si la sortie de ce film causa la fin de la société United Artists et fut un échec commercial, en partie à cause de sa longueur, l’œuvre fut considérée comme l’un des pires films jamais tournés, avant d’être élevée au rang de film culte, de façon méritée à notre avis. Un symbole de l’imperfection du jugement humain. Quelle différence entre la recherche de la gloire dans l’église et celle de la gloire dans la société, de son vivant ou à titre posthume ? Aucune, l’une n’est pas davantage spirituelle que l’autre, et les deux font appel à une appréciation fragile, variable comme celle que subit Cimino et, quoi qu’il en soit, vaine dans l’éternité car incapable de sauver… Mieux vaut être reconnu sans l’avoir recherché, car « il faut avoir perdu le monde pour se trouver soi-même », disait justement Christopher McCandless.

John John Summer

N.B. Cet article ne touche pas à la carrière politique de Michel Rocard, il aurait pu être rédigé pour toute autre personne ayant la même prétention, seul sujet ici concerné.

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Défilé de la Saint Patrick.

Défilé de la Saint Patrick.

 Voudrait-on mettre une célébration d’essence chrétienne en bière, on pourrait en nier son origine ainsi que c’est le cas depuis des années avec différentes fêtes comme celles Noël. Mais il est également possible de renier la spécificité aussi bien chrétienne que purement « ethnique » d’une fête en déplaçant le sujet de l’événement. La Saint Patrick en a fait les frais cette année dans la Big Apple, le lobby LGBT a forcé le brasseur irlandais Guinness a boycotter la fête.

La traditionnelle parade de la Saint Patrick sur la 5e avenue à Manhattan, lundi 17 mars, a eu lieu sans le soutien de Guinness qui aura cédé sous à la pression LGBT. Les militants homosexuels avaient en effet décider de faire mousser leur combat en affichant leur appartenance à cette « communauté » au sein de la communauté irlandaise et s’étaient heurtés au refus des organisateurs.

Depuis une vingtaine d’années, les mouvements LGBT exigent de pouvoir parader lors de la Saint Patrick, et la Cour suprême des Etats-Unis avait eu à se prononcer en 1995, dans l’arrêt Hurley v. Irish-American Gay, Lesbian, and Bisexual Group of Boston : les juges fédéraux avaient donné raison aux organisateurs de la célébration à Boston, en faisant valoir qu’ils étaient fondés à refuser quiconque viendrait avec une message ne correspondant pas avec leurs valeurs. La Cour avait mis en avant le caractère privé de l’organisation.

Toujours sensible aux voix communautaristes, le nouveau maire de New York, Bill de Blasio, a boycotté la manifestation, tout comme son collègue de Boston, Martin Walsh. Le bar homosexuel Stonewall Inn avait annoncé qu’il ne vendrait pas de Guinness, et GLAAD, une association de défense des homosexuels avait menacé d’organiser un événement anti-Guinness le jour de la Saint Patrick si le brasseur ne retirait pas son soutien à la parade. Le terrorisme économique a fonctionné puisque Guinness a rejoint ses concurrents Heineken et Sam Adams qui avaient déjà annoncé leur absence vendredi dernier. Pour justifier sa décision tardive, prise au dernier moment, Diageo, la maison-mère de Guinness, a assuré : « Nous avons espéré que la politique d’exclusion soit annulée pour la parade de cette année. Comme cela n’a pas eu lieu, Guinness retire sa participation. Nous allons continuer à travailler avec les leaders de ces communautés pour nous assurer que les futures parades appliquent une politique non-discriminatoire. »

Si la Saint Patrick est une occasion d’entrechoquement des chopes dans une atmosphère bon enfant et de rappel des origines, c’est aussi une fête chrétienne célébrée à New York chaque 16 ou 17 mars – une souplesse calendaire pour éviter le dimanche. Maewyn Succat, futur évêque Patricius, est l’évangélisateur de l’Irlande où il a fait bâtir des églises, des monastères et des écoles au Ve siècle. C’est à sa suite que le trèfle est devenu le symbole de l’Irlande ; il avait expliqué la Trinité en montrant une feuille de cette plante à l’occasion d’un sermon. Très populaire dans la belle Erin et dans la diaspora irlandaise, sa fête donne lieu à de nombreuses manifestations. Celle de New York regroupe environ 150 000 participants, sans compter les deux millions de personnes qui assistent au défilé du cortège. Parade célébrant l’Irlande et son saint patron, il allait de soi que les revendications homosexuelles ne seraient pas acceptées : parce que c’était une provocation envers les catholiques, mais aussi parce que le sujet concernait l’Irlande et que ceux qui voulaient défiler ne le faisaient pas en exhibant leur sexualité mais leurs liens avec l’Eire. De fait, personne n’empêche les homosexuels ou les transsexuels de prendre part à la manifestation, tant qu’ils ne changent pas l’objet de celle-ci. De la même façon que la parade de la Saint Patrick n’est pas l’occasion d’agiter les emblèmes du Mexique dans le cortège sur la 5e avenue. Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny,qui a pris part à l’évènement à New York, a replacé les choses dans l’ordre, rappelant que c’est là une occasion de manifester sa « fierté d’être irlandais et non [sa] sexualité ».

Déplacer le sujet d’un événement, c’est une stratégie à laquelle sont rompus les mouvements LGBT : ils décident d’y participer ou de le contester en mettant en évidence leur spécificité alors que l’objet de la manifestation ne concerne en rien la sexualité – et quand bien même la concernerait-il, s’il est l’hétérosexualité, la revendication homosexuelle n’y a pas sa place, n’étant pas directement le sujet. Les Jeux de Sotchi en ont récemment fait les frais avec toute une propagande anti-Poutine pour son interdiction de la propagande homosexuelle dans l’espace public – l’homosexualité n’est pas pénalisée en Russie, quoi qu’en disent les médias peu curieux, les manifestations LGBT si, dans le but de protéger les enfants ; et de plus en plus d’établissements bancaires proposent des produits financiers LGBT, ainsi le Crédit Suisse, ou BNP Paribas qui a convié ses salariés à une conférence intitulée « L’orientation Sexuelle : une question d’opportunité business » – avec une majuscule à l’adjectif. Les militants LGBT ont réalisé tout l’intérêt qu’il y avait à réclamer que les entreprises s’adaptent à leur sexualité : elles perdraient leurs clients ou ne les attireraient pas, tandis que la clientèle qui ne serait pas « hétérosexuelle militante » serait indifférente à ces choix publicitaires.

Cette provocation et cette victimisation ne s’accompagnent cependant pas d’une ouverture des manifestations homosexuelles aux « hétérosexuels militants » : si des hétérosexuels tiennent à participer aux Gay Prides, ils ne sont pas refoulés, mais ils ne le pourront pas en tant que militants hétérosexuels, alors que les militants LGBT tiennent à être de la parade de la Saint Patrick non pas en tant que proches de l’Irlande, indifféremment de toute orientation sexuelle, mais en tant que militants. Déplaçant ainsi l’objet de la fête à la question sexuelle pour se poser en victimes d’une prétendue discrimination. Pas plus que ce souci de la diversité ne les encombre pas quand ils organisent les Gay Games, jeux olympiques homosexuels, où l’on image mal des militants hétérosexuels pouvoir participer en tant que militants.

John John Summer

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Le récent et très médiatisé rapport du Comité de l’ONU sur les droits des enfants, rendu public le 5 février dernier, a fait couler beaucoup d’encre. Le traitement par l’Église catholique des abus sexuels commis par des prêtres sur des enfants a été fortement dénoncé par ledit comité. Si la critique a été abondamment relayée, la demande de l’ONU que l’Église catholique redéfinisse sa doctrine concernant l’homosexualité, l’abandon d’enfants et l’avortement l’a moins été. De même que, précédemment, avait été négligée par les médias l’accréditation accordée à une organisation s’inspirant de récits pédophiles par la même ONU qui dénonce l’omerta ayant prévalu quant aux crimes sexuels sur des enfants.

Le Saint-Siège  n’a pas tardé à réagir, accusant par la voix de Mgr Silvano Tomasi, observateur près de l’ONU à Genève, le Comité de « déformer » les faits dans un rapport « préparé à l’avance, avant la rencontre avec la délégation du Saint-Siège. Le numéro deux du Vatican, le secrétaire d’État Pietro Parolin a affirmé que le Saint-Siège « se réserve de répondre après avoir pris connaissance et approfondi » le rapport. « Il y aura une réponse articulée de notre part, mais nous ne pouvons que répéter notre volonté de remplir les exigences de la commission et de la convention » des droits de l’enfant, à laquelle le Vatican a adhéré. Le responsable de la diplomatie pontificale a toutefois ajouté être « surpris » que le rapport demande à l’Église catholique de modifier sa doctrine en matière morale. En effet, la structure du rapport a de quoi susciter des questions. Tout comme sa négligence de la forte volonté manifestée par le Cardinal Ratzinger – volonté maintenue une fois qu’il est devenu pape.

Une stratégie de culpabilisation pour obtenir des concessions ?

Sous Benoît XVI, le drame des abus sexuels commis par des prêtres a été pris à bras-le-corps : le Pape, qui avait dénoncé en 2010 dans une lettre aux catholiques d’Irlande « une préoccupation déplacée pour la réputation de l’Église et pour éviter les scandales, qui a eu pour résultat de ne pas appliquer les peines canoniques en vigueur et de ne pas protéger la dignité de chaque personne », est également celui qui, entre 2011 et 2012, a fait défroquer 400 prêtres soupçonnés d’abus sexuels. Lors du chemin de croix du Vendredi saint au Colisée, en 2005, le Cardinal Ratzinger avait dénoncé les « souillures » du clergé, peu de temps après avoir ouvert l’enquête sur les Légionnaires du Christ, fondés en 1941 par le père Maciel. La congrégation fut d’ailleurs placée sous tutelle en 2010. Cette volonté jamais démentie est également portée par le Pape François. Mais non content d’ignorer le travail de Benoît XVI, le Comité onusien tente d’amener son successeur à se montrer complaisant, en le félicitant et en l’exhortant à aller plus loin… dans un domaine sans aucun rapport avec les crimes sexuels : il est ni plus ni moins demandé à l’Église catholique que de changer partiellement de croyance.

Au point 25, le rapport du Comité félicite le Pape François qui avait déclaré en juillet 2013 ne pas avoir le droit de juger les homosexuels désirant vivre en catholiques (ce qui avait été interprété par les médias comme une « ouverture », alors que le propos se situait dans la ligne du Catéchisme de l’Église catholique – CEC – qui refuse d’approuver les comportements homosexuels, mais appelle à respecter, aimer et ne pas discriminer les personnes homosexuelles – CEC numéros 2357 à 2359). Profitant de ce qu’il considère comme un changement, le Comité demande à l’Église romaine de revoir sa copie en matière de théologie morale, se disant préoccupé par sa position « antérieure » sur l’homosexualité, le but officiel étant de réduire la violence et la stigmatisation à l’encontre des adolescents homosexuels et transgenres et les enfants élevés par des paires homosexuelles. Et l’idéologie du genre n’est pas loin : aux points 27 et 28, le Comité dit regretter que l’Église catholique enseigne toujours la complémentarité et l’égalité dans la dignité des hommes et des femmes, « deux concepts qui ne correspondent pas à l’égalité de fait et de droit prévue par l’article 2 de la Convention, et sont souvent utilisés pour justifier des lois et politiques discriminatoires ». Le Comité invite donc le Saint-Siège « à s’abstenir d’utiliser une terminologie qui pourrait menacer l’égalité entre les filles et les garçons », ce qui dans le langage des militants de l’idéologie du genre va de la neutralisation des mots, pour les priver de leur charge sexuée, à la négation des identités sexuelles. Par ailleurs, prenant le prétexte de cas particuliers de grossesses risquées de mineures, le rapport demande un changement de doctrine en matière d’avortement (principalement les points 54 et 55), et en amont en ce qui concerne la contraception des adolescentes. Enfin, le Comité essaie de retourner de façon hypocrite contre le Saint-Siège son souhait que les enfants connaissent leurs parents (une référence implicite à sa critique de l’homoparentalité) ; en effet, le rapport énonce  au point 35 que « Tout en se félicitant que le Saint-Siège mette l’accent sur le droits des enfants à vivre avec leurs parents et connaître leur identité, le Comité est préoccupé par la pratique constante de l’abandon anonyme de bébés soutenue par des organisations catholiques dans plusieurs pays via l’usage des « boîtes à bébés ». En d’autres termes, il est demandé aux catholiques d’encourager les mères en détresse à avorter plutôt que de leur laisser le choix entre cette issue et confier l’enfant à ceux qui voudront s’occuper de lui. Le retournement de l’argument catholique en faveur de la connaissance de la filiation relève évidemment de la pure manipulation éthique.

La tournure du rapport laisse sur un sentiment désagréable, celui que des enfants abusés par des prêtres sont aujourd’hui instrumentalisés par le Comité de l’ONU sur les droits des enfants dans le but d’amener l’Église catholique à changer substantiellement sa théologie morale. Faut-il s’en étonner alors que l’Organisation vient d’accréditer le Kinsey Institute qui utilise les récits de pédophiles pour présenter ses études ?

Une incohérence onusienne révélatrice d’une orientation ?

La question des relations de Kinsey avec la pédophilie est très débattue, mais ce qui est acquis, c’est qu’ il collecta des témoignages de pédophiles dans ses études sur la sexualité des enfants. Le but poursuivi par le Kinsey Institute est la libéralisation sexuelle. Très peu critiqué en France, voire défendu (il suffit de constater la présentation quasi romantique du film « Dr Kinsey » par le journal Le Monde en 2005), Alfred Kinsey est connu aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne non seulement pour sa promotion de l’échangisme, mais aussi pour celle de la sexualité des prépubères ou encore pour avoir prétendu que 37% des Américains, au moins, avaient déjà eu une expérience homosexuelle… L’accréditation du Kinsey Institute se place en porte-à-faux avec la critique très médiatisée du Saint-Siège, au point de susciter la question du but réellement visé et précédemment abordé.

Si la finalité probable est de forcer l’Église catholique à revoir son enseignement, il est possible qu’il y ait une seconde cible par ricochet : les États dont la législation est encore influencée par la morale chrétienne. Un élément permet d’envisager cette hypothèse : en mars 2011, le Comité des droits de l’homme des Nations Unies discutait d’un projet aux termes duquel les États membres de l’ONU devaient s’engager à modifier leurs lois sen faveur d’une mesure « anti-discriminatoire » sur « l’orientation sexuelle et l’identité de genre ». Plusieurs pays faisaient obstacle à ce texte, dont certains d’Amérique latine. Pour les amener à changer d’avis, le Département d’État les informa que le Saint-Siège avait modifié sa position sur la question et soutenait dorénavant la nouvelle mesure. Les États latino-américains se rallièrent alors au projet avant d’apprendre que l’Administration Obama leur avait menti. Faut-il envisager que le Comité de l’ONU sur les droits des enfants ait deux cibles, l’Église catholique et par ricochet les États où la morale catholique demeure importante ?

Faut-il également y voir un lien avec la tenue du prochain Synode sur la Famille fin 2014 où seront notamment discutées des questions comme la contraception ou l’homosexualité ? Ce qui reste certain, c’est que, pour reprendre le mot de De Gaulle, on pourrait aujourd’hui qualifier l’ONU de « machin » des lobbies du « genre ». Au point de demander qu’une religion se supprime elle-même en la plaçant en situation de faiblesse par l’accusation sur des crimes qu’elle reconnaît pour l’amener à essayer de plaire.

John John Summer

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En Occident, où prévalent le relativisme et le consumérisme, l’on ne s’étonnera pas de voir le verbe chrétien de moins en moins toléré.

Cathédrale luthérienne d'Helsinki.

Cathédrale luthérienne d’Helsinki.

   Dans son édition du 6 août dernier, Charisma News se penche sur l’indifférence désormais manifestée par le Département d’État américain quant à la liberté religieuse à travers le monde… un constat accablant alors que l’Administration Obama fait tout son possible pour promouvoir l’activisme LGBT, notamment en Afrique. Un contraste saisissant qui témoigne de la priorité en matière de droits de l’homme. Et les États-Unis ne sont pas les seuls concernés, la vieille Europe également, mais les voix de politiques qui s’y élèvent pour réclamer le soutien au Bien sont plus isolés qu’en Amérique, pays où le discours chrétien, modéré ou extrémiste, est encore assez fortement relayé, et ne suscite pas autant de remous qu’en Finlande.

Quand un ministre indispose les chrétiens politiquement corrects

Début juillet, le ministre de l’Intérieur a mis le pays des Mille lacs en ébullition : Päivi Räsänen a déclaré, au sujet de la fin de vie, l’IVG et les revendications du lobby gay, que les chrétiens doivent s’appuyer sur la Bible pour « trouver le courage d’agir contre l’opinion publique, les normes ou même parfois contre la loi ». Dans la semaine qui a suivi son exhortation, plus de 4 000 Finlandais ont quitté l’Église luthérienne pour dénoncer ces propos qu’ils jugent réactionnaires. « Réactionnaire » étant forcément vu de manière négative, et non pas simplement et de façon neutre comme une « réponse en réaction à ». Dans une intervention d’équilibriste sur Twitter, l’archevêque Kari Mäkinen, à la tête de l’Église, a évité de se mouiller : « On peut être d’accord ou pas [avec les opinions de la ministre] mais il ne faut pas les prendre comme des propos de l’Église. »

Quand un élu de premier plan appelle les chrétiens à penser à leurs frères et soeurs en Christ

En Allemagne, pays probablement le plus actif en faveur des chrétiens persécutés, le successeur d’Angela Merkel à la tête de la CDU/CSU au Bundestag, Volker Kauder, s’est permis de rappeler en juin 2012 aux chrétiens que leurs frères et sœurs dans la foi souffrent dans plusieurs pays. A l’occasion des tables rondes des Journées du christianisme dans le Bade-Wurtemberg, l’élu fédéral a affirmé : « Les chrétiens en terre musulmane doivent pouvoir profiter de la même reconnaissance et d’une pareille liberté que celle que découvrent les musulmans en Allemagne […] Si nous voulons la liberté et une vie sans oppression, nous devons nous serrer les coudes pour être plus forts et efficaces. » Volker Kauder a même poursuivi sur le manque de motivation des chrétiens dans la prière pour les persécutés : « Nous avons besoin de redécouvrir la puissance de la prière ! » Un encouragement nécessaire, car si la diplomatie allemande agit en faveur des chrétiens persécutés, les chrétiens allemands ne semblent pas plus motivés que leurs coreligionnaires d’autres pays sur le sujet.

Dans ces deux cas, ce sont les paroles de la Bible qui ont été mises en avant : le propos de Volker Kauder renvoie à l’épître aux Hébreux (« Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonniers ; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes dans un corps » 13 : 3), comme celui de Päivi Räsänen évoque les paroles de apôtres : « Mieux vaut obéir à Dieu qu’aux hommes. Nous ne pouvons certes pas taire ce que nous avons vu et entendu  » (Actes 4 : 19).

Si la laïcité est un concept chrétien que l’on peut faire remonter à la distinction entre César et Dieu, établie par Jésus, faut-il que les chrétiens, sous prétexte de laïcité, se taisent d’eux-mêmes pour ne pas offenser ? La pluralité, dans la démocratie libérale, c’est aussi pouvoir exprimer ses convictions chrétiennes, que ce soit en bâtissant un discours axé sur la Bible ou en présentant des idées allant dans le sens des valeurs chrétiennes. Faute de quoi, le discours chrétien ira toujours rétrécissant, comme peau de chagrin, pour ne pas heurter les valeurs toujours plus éloignées de celles chrétiennes, allant jusqu’à appeler le Bien Mal et le Mal Bien. En 2010, environ 40 000 personnes avaient déjà quitté l’Église de Finlande après des propos de Madame Räsänen jugés offensants sur l’homosexualité.

John John Summer

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Officiellement née au cours d’un synode tenu entre le 8 et le 12 mai dernier à Lyon, l’Église Protestante Unie de France, vient de publier un communiqué sur la fin de vie, alors que la proposition n°21 du candidat Hollande sur l’euthanasie sera l’un des prochains sujets de société.

 IHS News.

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Dans une démonstration de savoir-faire en matière d’acrobatie à envoyer à toutes les écoles de diplomatie, la nouvelle organisation de communion luthérienne et réformée annonce qu’elle ne prendra pas position sur le sujet et dit se référer à « l’Evangile de Jésus-Christ », pour justifier sa position. Une lettre précédant de peu la journée de réflexion de ce samedi 22 juin de l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace-Lorraine quant à savoir s’il faut ou non bénir des mariages homosexuels.

Le 18 décembre 2012, le Professeur Sicard remettait au Président de la République un rapport sur la fin de vie, dont les conclusions ouvrent la porte au suicide assisté et à l’euthanasie. Fidèle à ses convictions, l’Eglise catholique en France a exprimé ses réserves sur le texte, précisément quant au risque de légalisation et de dépénalisation de l’administration médicalisée de la mort. Le porte parole de la Conférence des évêques de France, Mgr Bernard Podvin, a appelé à la vigilance et remémoré les dénonciations du Pape Benoît XVI au sujet des pressions en faveur de l’euthanasie qui sont exercées sur les personnes les plus fragiles « dans une société fortement par les dynamiques de la productivité et les exigences de l’économie ». Des risques dénoncés même par la peu catholique candidate de Lutte Ouvrière à l’élection présidentielle de 2012, Nathalie Arthaud, dans une mise en garde qui témoigne de l’universalité de telles craintes, si quelqu’un était tenté de prétendre le contraire. Et pourtant, l’EPUF préfère ne pas se prononcer.

L’EPUF, qui ne regroupe pas les cultes luthériens et réformés d’Alsace-Moselle et représente une minorité dans le paysage varié du protestantisme, semble se positionner comme l’interlocuteur protestant de référence. Elle affirme que « Les protestants ont une manière particulière d’aborder les questions éthiques. Ils n’entendent pas tracer les périmètres du licite et de l’illicite, ni poser des normes qui devraient s’imposer à tous […] Sur des questions aussi graves et sensibles que celles qui surgissent autour de la fin de la vie humaine, il ne saurait en effet y avoir de point de vue surplombant. Individuellement et collectivement, nous sommes tous en débat, en recherche, bien souvent tâtonnante. » Pour une critique résumée : comment parler pour ne rien dire…

« En marche, les humbles ! »… en faisant des ronds de jambe

Son « texte adressé le lundi 17 juin aux autorités politiques (exécutives et parlementaires), au président du Conseil consultatif national d’éthique, au président de l’Ordre des médecins et à des personnalités religieuses » appelle, certes, à développer les soins palliatifs, mais ne se positionne aucunement sur l’avenir de la Loi Léonetti de 2005 sur la fin de vie : l’EPUF assure « examiner sans exclusive l’éventualité d’une nouvelle étape législative », sans signifier ce qui ressort déjà de cet examen. Pourtant elle renvoie notamment au document de la Fédération protestante de France d’il y a une décennie, intitulé « Euthanasie et assistance aux mourants : éléments de réflexion, FPF 2004 » et reprenant un travail de 1991, qui dénonçait l’acharnement thérapeutique et affirmait qu’un médecin donnant la mort ne saurait être soustrait à ses responsabilités. Un renvoi par une lettre au ton timoré, en accord avec tout le monde, et au vocabulaire plus que diplomatique, comme pour ne pas être en reste dans la prise de position tout en évitant d’en prendre une. Une volonté de froisser le moins de monde possible, sinon de ne pas être assimilée aux catholiques (?) qui laissera plus d’un dans le doute…

L’EPUF, qui célébrera en 2017 les 500 ans de la Réforme sur le thème « Protester pour Dieu, protester pour l’Homme : quelles sont nos thèses pour l’évangile aujourd’hui ? », aura manifestement du chemin à parcourir en 4 ans avant de proposer une thèse claire sur ce sujet. En attendant, elle pourra piocher dans la mise en garde de l’Académie de Médecine qui dénonce la « sédation terminale » dont la finalité est l’administration de la mort, et refuse la confusion entre « fin de vie » et « arrêt de vie », qui « ne peut être assimilé à un acte médical ».

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