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Archive for the ‘Etats-Unis’ Category

Débats quant à la place et la définition de la religion dans deux sociétés historiquement de culture chrétienne et pratiquant des politiques d’accommodements raisonnables. Aux États-Unis, de la publicité de la religion lors des réunions administratives… Au Québec, de l’enseignement des religions et de l’éthique d’une manière telle qu’elle est susceptible d’attenter aux convictions religieuses des élèves ou de leurs parents…

Un cour d’appel fédérale américaine en Virginie a jugé le 19 septembre dernier que les membres de la commission du comté de Rowan, en Caroline du Nord, sont autorisés à débuter leurs réunions par des prières quasi exclusivement chrétiennes tant qu’ils respectent les croyances des autres. L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), dont l’un des objectifs est d’empêcher les autorités d’interférer avec les convictions religieuses des citoyens, avait porté l’affaire devant les tribunaux.

Pour aller plus loin : États-Unis : Une cour admet les prières quasi exclusivement chrétiennes dans un conseil de comté

Plusieurs articles en une huitaine dans la presse québecoise se penchent sur le cours d’Éthique et culture religieuse (ECR) suivi depuis septembre 2008 par les élèves de primaire et du secondaire, un cours substitué de force aux enseignements religieux devenus facultatifs en 1983. Face à cette sujétion, s’élèvent des critiques aussi bien sur le contenu relativiste que sur les atteintes à la liberté religieuse. En fait d’éthique, celle de la discussion chère à Jürgen Habermas, le philosophe de l’approche « dialogique » de la morale, ne serait pas respectée, un comble puisque le but affiché de l’ECR est de donner aux élèves des clés pour débattre dans un monde en mouvement.

Pour aller plus loin : Québec : des chrétiens, des athées et les nationalistes face au cours d’Éthique et de culture religieuse

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Dans Will Hunting, le personnage principal se gaussait d’un étudiant de l’une des grandes universités du Massachusetts qui, infatué de son savoir, aurait pu l’obtenir pour 1 dollar 50 de frais de retard à la bibliothèque au lieu de débourser 150 000 dollars en frais scolaires. Si Harvard est réputée pour son excellence, la plus ancienne université américaine a récemment fait parler d’elle pour une prétention culturelle controversée. Une messe satanique devait se dérouler ce 12 mai dans la soirée à Harvard, mais a été annulée, faute de salle disponible. L’événement, présenté comme une reconstitution, était programmé par un groupe d’étudiants à des fins éducatives.

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Le Harvard Extension Cultural Studies Club avait tenté d’organiser la messe au Middle East Restaurant, mais les responsables avaient refusé de l’accueillir. La présidente de l’Université, Drew Faust – sans ironie -, avait qualifié la messe prévue de « détestable et agressive », mais avait fait valoir la liberté d’expression des étudiants. Mme Faust avait dénoncé le projet de messe sur le site Internet de Harvard comme une provocation à l’encontre de l’Église catholique dont un événement sacré devait être ainsi moqué, ajoutant que la décision du club était « de façon flagrante irrespectueuse et incendiaire ». La présidente avait précisé qu’elle prévoyait de prendre part à une eucharistie sur le campus le même soir que la messe satanique.

L’archidiocèse de Boston avait, en effet, décidé d’organiser une célébration du sacrifice du Christ, débutant par une procession entre le Massachussetts Institute of Technology et l’église Saint-Paul dans le jardin de Harvard. L’intention était de « combattre le mal », et l’archidiocèse avait exprimé sa crainte que les participants à la messe controversée « sous-estiment l’empire de Satan ».

Les membres du club, quant à eux, affirmaient que la messe noire n’aurait qu’une visée éducative et qu’il s’agissait d’explorer d’autres cultures. C’est en raison du caractère culturel de l’événement que l’Université avait dû l’accepter, ne pouvant créer de discrimination. Mais, pour le Révérend Michael Drea, « Tout ce qui trouve ses racines dans la haine ne peut être mis dans la même catégorie que la liberté et l’expression académiques. » Le prêtre avait ajouté qu’il n’y avait pas de malentendu quant à un acte satanique qui dégrade la liturgie catholique, car il ne s’agissait pas de mauvaise compréhension mais de faits.

Le Harvard Extension Cultural Studies Club avait décidé d’organiser la messe noire avec des membres du Temple satanique de New York, une association dont l’un des objectifs est que soit érigée une statue satanique en bronze devant la Chambre de l’Etat de l’Oklahoma cette année.

Ce n’est pas la première fois que l’une des universités de la prestigieuse Ivy League voit la controverse suscitée par des projets dits culturels. En 2008, une étudiante avait fait scandale en décidant d’exposer une installation représentant ses avortements et créée à partir d’eux. La présidence de Yale et l’artiste, Aliza Shvartz, se contredisaient sur cette dernière caractéristique de l’installation, l’étudiante assurant qu’elle s’était vraiment fait inséminer afin d’avorter, l’Université affirmant qu’elle lui avait prétendu le contraire.

John John Summer

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Défilé de la Saint Patrick.

Défilé de la Saint Patrick.

 Voudrait-on mettre une célébration d’essence chrétienne en bière, on pourrait en nier son origine ainsi que c’est le cas depuis des années avec différentes fêtes comme celles Noël. Mais il est également possible de renier la spécificité aussi bien chrétienne que purement « ethnique » d’une fête en déplaçant le sujet de l’événement. La Saint Patrick en a fait les frais cette année dans la Big Apple, le lobby LGBT a forcé le brasseur irlandais Guinness a boycotter la fête.

La traditionnelle parade de la Saint Patrick sur la 5e avenue à Manhattan, lundi 17 mars, a eu lieu sans le soutien de Guinness qui aura cédé sous à la pression LGBT. Les militants homosexuels avaient en effet décider de faire mousser leur combat en affichant leur appartenance à cette « communauté » au sein de la communauté irlandaise et s’étaient heurtés au refus des organisateurs.

Depuis une vingtaine d’années, les mouvements LGBT exigent de pouvoir parader lors de la Saint Patrick, et la Cour suprême des Etats-Unis avait eu à se prononcer en 1995, dans l’arrêt Hurley v. Irish-American Gay, Lesbian, and Bisexual Group of Boston : les juges fédéraux avaient donné raison aux organisateurs de la célébration à Boston, en faisant valoir qu’ils étaient fondés à refuser quiconque viendrait avec une message ne correspondant pas avec leurs valeurs. La Cour avait mis en avant le caractère privé de l’organisation.

Toujours sensible aux voix communautaristes, le nouveau maire de New York, Bill de Blasio, a boycotté la manifestation, tout comme son collègue de Boston, Martin Walsh. Le bar homosexuel Stonewall Inn avait annoncé qu’il ne vendrait pas de Guinness, et GLAAD, une association de défense des homosexuels avait menacé d’organiser un événement anti-Guinness le jour de la Saint Patrick si le brasseur ne retirait pas son soutien à la parade. Le terrorisme économique a fonctionné puisque Guinness a rejoint ses concurrents Heineken et Sam Adams qui avaient déjà annoncé leur absence vendredi dernier. Pour justifier sa décision tardive, prise au dernier moment, Diageo, la maison-mère de Guinness, a assuré : « Nous avons espéré que la politique d’exclusion soit annulée pour la parade de cette année. Comme cela n’a pas eu lieu, Guinness retire sa participation. Nous allons continuer à travailler avec les leaders de ces communautés pour nous assurer que les futures parades appliquent une politique non-discriminatoire. »

Si la Saint Patrick est une occasion d’entrechoquement des chopes dans une atmosphère bon enfant et de rappel des origines, c’est aussi une fête chrétienne célébrée à New York chaque 16 ou 17 mars – une souplesse calendaire pour éviter le dimanche. Maewyn Succat, futur évêque Patricius, est l’évangélisateur de l’Irlande où il a fait bâtir des églises, des monastères et des écoles au Ve siècle. C’est à sa suite que le trèfle est devenu le symbole de l’Irlande ; il avait expliqué la Trinité en montrant une feuille de cette plante à l’occasion d’un sermon. Très populaire dans la belle Erin et dans la diaspora irlandaise, sa fête donne lieu à de nombreuses manifestations. Celle de New York regroupe environ 150 000 participants, sans compter les deux millions de personnes qui assistent au défilé du cortège. Parade célébrant l’Irlande et son saint patron, il allait de soi que les revendications homosexuelles ne seraient pas acceptées : parce que c’était une provocation envers les catholiques, mais aussi parce que le sujet concernait l’Irlande et que ceux qui voulaient défiler ne le faisaient pas en exhibant leur sexualité mais leurs liens avec l’Eire. De fait, personne n’empêche les homosexuels ou les transsexuels de prendre part à la manifestation, tant qu’ils ne changent pas l’objet de celle-ci. De la même façon que la parade de la Saint Patrick n’est pas l’occasion d’agiter les emblèmes du Mexique dans le cortège sur la 5e avenue. Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny,qui a pris part à l’évènement à New York, a replacé les choses dans l’ordre, rappelant que c’est là une occasion de manifester sa « fierté d’être irlandais et non [sa] sexualité ».

Déplacer le sujet d’un événement, c’est une stratégie à laquelle sont rompus les mouvements LGBT : ils décident d’y participer ou de le contester en mettant en évidence leur spécificité alors que l’objet de la manifestation ne concerne en rien la sexualité – et quand bien même la concernerait-il, s’il est l’hétérosexualité, la revendication homosexuelle n’y a pas sa place, n’étant pas directement le sujet. Les Jeux de Sotchi en ont récemment fait les frais avec toute une propagande anti-Poutine pour son interdiction de la propagande homosexuelle dans l’espace public – l’homosexualité n’est pas pénalisée en Russie, quoi qu’en disent les médias peu curieux, les manifestations LGBT si, dans le but de protéger les enfants ; et de plus en plus d’établissements bancaires proposent des produits financiers LGBT, ainsi le Crédit Suisse, ou BNP Paribas qui a convié ses salariés à une conférence intitulée « L’orientation Sexuelle : une question d’opportunité business » – avec une majuscule à l’adjectif. Les militants LGBT ont réalisé tout l’intérêt qu’il y avait à réclamer que les entreprises s’adaptent à leur sexualité : elles perdraient leurs clients ou ne les attireraient pas, tandis que la clientèle qui ne serait pas « hétérosexuelle militante » serait indifférente à ces choix publicitaires.

Cette provocation et cette victimisation ne s’accompagnent cependant pas d’une ouverture des manifestations homosexuelles aux « hétérosexuels militants » : si des hétérosexuels tiennent à participer aux Gay Prides, ils ne sont pas refoulés, mais ils ne le pourront pas en tant que militants hétérosexuels, alors que les militants LGBT tiennent à être de la parade de la Saint Patrick non pas en tant que proches de l’Irlande, indifféremment de toute orientation sexuelle, mais en tant que militants. Déplaçant ainsi l’objet de la fête à la question sexuelle pour se poser en victimes d’une prétendue discrimination. Pas plus que ce souci de la diversité ne les encombre pas quand ils organisent les Gay Games, jeux olympiques homosexuels, où l’on image mal des militants hétérosexuels pouvoir participer en tant que militants.

John John Summer

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Le tonneau des Danaïdes.

Le tonneau des Danaïdes (John William Waterhouse).

 

C’est un surprenant résultat qu’a obtenu le directeur général de Doers TV, David Wright, après une enquête auprès de 100 000… fans sur Facebook, les chrétiens en auraient assez des émissions des chaînes de tendance évangélique. Neuf sur dix l’ont affirmé, selon le Christian Post du 8 juin dernier. Ouf ! Nous sommes passés près de l’apocalytique Bête à dix cornes devant naître dans les temps d’apostasie… En cause, l’absence de crédibilité des stars chrétiennes et les soûlantes demandes d’argent.

Non seulement, ces chrétiens n’aiment pas la télévision chrétienne mais, en plus, ils se privent de la bénédiction de la regarder puisqu’ils n’assistent alors pas aux demandes d’argent, dont chacun sait que, exaucées, elles attirent moult perles de céleste rosée des aurifères régions du Ciel… Malachie 3:10 ne dit-il pas, en effet, que celui qui apportera des offrandes au Seigneur sera comblé en retour ? Or, parmi les causes de leur désaffection, voire désaveu, l’on trouve la lassitude face aux « trop nombreuses quêtes monétaires et téléthons pour lever des fonds ». Y ressemblant, l’on apprend également que les chrétiens sondés n’apprécient pas les enseignants du faux évangile de la prospérité et leurs manipulations. Don d’argent, évangile de la prospérité, responsables douteux, voilà des idées qui se suivent à la manière des mots dans un jeu des kyrielles : Marabout, Bout de ficelle, Selle de cheval… Nous venons de frôler Saddleback et son sinueux Rick Warren. Kyrie! Nous voilà exaucés, la dernière cause ne peut être raccordée aux précédentes, ni même aux Trois petits chats autrement plus haletants de suspense : les chrétiens sondés trouvent les programmes chrétiens… ennuyeux et de faible qualité.

Corne d’abondance et tonneau des Danaïdes

Puisque nous sommes dans les jeux de mots, citons le mot porte-manteau de Voltaire : « décimeur », enfant de la dîme et du décimateur, qui désignait la première qu’il considérait comme lourde au point d’affamer les plus démunis (relevons quand même que la dîme ne fut pas toujours réellement appliquée par l’Église catholique, mais c’est une autre histoire…). Prenant la promesse de Malachie 3:10 dans une acception mercantile, et les téléspectateurs pour des blaireaux que l’on rasera gratis s’ils paient, les stars de la petite lucarne chrétienne ont dû ressentir un profond émoi à la vue du sondage, eux qui, tellement assistés du saint Esprit, pensaient peut-être même sonder les profondeurs de Dieu. Si les demandeurs d’argent se présentent comme des colombes, le public leur signifie qu’il n’est pas fait que de pigeons, que cela soit dit ! Restent deux solutions, le flatter comme le corbeau sur son arbre perché pour son discernement ou changer les programmes pour ne pas perdre des plumes dans l’histoire.

« Le pouvoir corrompt tout », disait Lord Acton… l’argent aussi, il pervertit les échanges humains désormais dépourvus de simplicité et d’honnêteté. Ainsi, le chrétien ne sait plus si la personnalité parle sincèrement ou avec l’idée de plumer la douce colombe. Cette dernière préfère alors se muer en aspic prudent, selon le conseil du Christ (Matthieu 10:16), et éviter les deux filles de la sangsue dont parle Proverbes 30:15, Donne et Donne, qui sont un véritable tonneau des Danaïdes. Les chrétiens américains auraient-ils réalisé les aspects douteux de certaines émissions chrétiennes ? Mais également, s’affranchiraient-ils de codes culturels jugés dépassés ?

Des émissions ennuyeuses

A distinguer des demandes d’argent liées à l’évangile de la prospérité, celles pour supporter les télévisions chrétiennes. Mais, se demande le téléspectateur, pourquoi aider alors que la qualité fait défaut ? C’est le grand problème des œuvres des évangéliques : beaucoup de leurs livres sont comme écrits au soc écorchant la terre, leurs œuvres musicales sont (à chacun d’accorder une adjectif de fréquence) assez souvent peu inspirées au risque de faire passer le saint Esprit pour moins doué que Kris Kristofferson – je n’y peux rien, je l’aime bien -, et leurs films sont sans suspense : on devine d’emblée la morale de l’histoire, alors que le scénariste pourrait s’aventurer à troubler le spectateur pour la poser à la fin. Jusque là, le public appréciait, parce que le bon chrétien se doit d’apprécier toute œuvre chrétienne ou plus largement biblique, et détonnaient les chrétiens qui affirmaient largement préférer Shakespeare à une pièce de théâtre évangélique – ce dont je ne me repentirai pas. Peut-être même ce bon chrétien aurait-il encensé le combustible de provenance humaine ayant servi à préparer le pain d’un prophète (Ezéchiel 4:12). Tout se devait d’être applaudi et parfois comparé à la supposée indigence des productions du monde. Mais le temps vient où le cucul la praline use le spectateur quand, en changeant de chaîne, il peut regarder des films comme « Les vestiges du jour » ou « Gladiator »…

Dans son livre sur la virilité, « Indomptable, le secret de l’âme masculine », John Eldredge suggère que les hommes n’aiment pas les réunions de prières efféminées et trouvent leur bonheur dans l’aventure ou en regardant des matches de boxe, des films âpres comme le précité péplum ou « Braveheart ». Il n’est pas étonnant qu’Eldredge ait été critiqué par des responsables évangéliques pour ses références culturelles. Mais Gladiator aurait-il eu le même succès si le personnage principal avait déclamé d’une voix douce : « Mon nom est Maximus… »… non, faisons dans l’humilité, « Mon nom est Minimus Decimus Meredius, commandant en chef des armées salutistes du Nord, général des boyscouts Felix, fidèle serviteur du vrai empereur – Marc Aurèle -, père d’un fils assassiné, époux d’une femme assassinée, et je jure que je te tendrai la joue gauche dans cette vie ou l’autre ! » ? Sentant peut-être cette lassitude, Sylvester Stallone, qui assure s’être tourné vers Dieu, a dit croire que son film «Rocky Balboa », au demeurant excellent, avait été inspiré par le modèle du Seigneur.

Au-delà de cette caricature, je pense, pour ma simple part, qu’un équilibre entre des productions chrétiennes – à améliorer – et des films d’en dehors est possible, que les producteurs et réalisateurs peuvent niveler vers le haut la qualité de leurs ouvrages et œuvres, sans chercher à tout imiter dans le monde, mais sans tenir pour acquise la préférence des spectateurs. C’est aussi là un signe d’humilité. Pendant ce temps, les évangéliques du Brésil se battent contre un possible ban des programmes chrétiens à la télévision

John John Summer

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