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Archive for the ‘Etats-Unis’ Category

Débats quant à la place et la définition de la religion dans deux sociétés historiquement de culture chrétienne et pratiquant des politiques d’accommodements raisonnables. Aux États-Unis, de la publicité de la religion lors des réunions administratives… Au Québec, de l’enseignement des religions et de l’éthique d’une manière telle qu’elle est susceptible d’attenter aux convictions religieuses des élèves ou de leurs parents…

Un cour d’appel fédérale américaine en Virginie a jugé le 19 septembre dernier que les membres de la commission du comté de Rowan, en Caroline du Nord, sont autorisés à débuter leurs réunions par des prières quasi exclusivement chrétiennes tant qu’ils respectent les croyances des autres. L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), dont l’un des objectifs est d’empêcher les autorités d’interférer avec les convictions religieuses des citoyens, avait porté l’affaire devant les tribunaux.

Pour aller plus loin : États-Unis : Une cour admet les prières quasi exclusivement chrétiennes dans un conseil de comté

Plusieurs articles en une huitaine dans la presse québecoise se penchent sur le cours d’Éthique et culture religieuse (ECR) suivi depuis septembre 2008 par les élèves de primaire et du secondaire, un cours substitué de force aux enseignements religieux devenus facultatifs en 1983. Face à cette sujétion, s’élèvent des critiques aussi bien sur le contenu relativiste que sur les atteintes à la liberté religieuse. En fait d’éthique, celle de la discussion chère à Jürgen Habermas, le philosophe de l’approche « dialogique » de la morale, ne serait pas respectée, un comble puisque le but affiché de l’ECR est de donner aux élèves des clés pour débattre dans un monde en mouvement.

Pour aller plus loin : Québec : des chrétiens, des athées et les nationalistes face au cours d’Éthique et de culture religieuse

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Le tonneau des Danaïdes.

Le tonneau des Danaïdes (John William Waterhouse).

 

C’est un surprenant résultat qu’a obtenu le directeur général de Doers TV, David Wright, après une enquête auprès de 100 000… fans sur Facebook, les chrétiens en auraient assez des émissions des chaînes de tendance évangélique. Neuf sur dix l’ont affirmé, selon le Christian Post du 8 juin dernier. Ouf ! Nous sommes passés près de l’apocalytique Bête à dix cornes devant naître dans les temps d’apostasie… En cause, l’absence de crédibilité des stars chrétiennes et les soûlantes demandes d’argent.

Non seulement, ces chrétiens n’aiment pas la télévision chrétienne mais, en plus, ils se privent de la bénédiction de la regarder puisqu’ils n’assistent alors pas aux demandes d’argent, dont chacun sait que, exaucées, elles attirent moult perles de céleste rosée des aurifères régions du Ciel… Malachie 3:10 ne dit-il pas, en effet, que celui qui apportera des offrandes au Seigneur sera comblé en retour ? Or, parmi les causes de leur désaffection, voire désaveu, l’on trouve la lassitude face aux « trop nombreuses quêtes monétaires et téléthons pour lever des fonds ». Y ressemblant, l’on apprend également que les chrétiens sondés n’apprécient pas les enseignants du faux évangile de la prospérité et leurs manipulations. Don d’argent, évangile de la prospérité, responsables douteux, voilà des idées qui se suivent à la manière des mots dans un jeu des kyrielles : Marabout, Bout de ficelle, Selle de cheval… Nous venons de frôler Saddleback et son sinueux Rick Warren. Kyrie! Nous voilà exaucés, la dernière cause ne peut être raccordée aux précédentes, ni même aux Trois petits chats autrement plus haletants de suspense : les chrétiens sondés trouvent les programmes chrétiens… ennuyeux et de faible qualité.

Corne d’abondance et tonneau des Danaïdes

Puisque nous sommes dans les jeux de mots, citons le mot porte-manteau de Voltaire : « décimeur », enfant de la dîme et du décimateur, qui désignait la première qu’il considérait comme lourde au point d’affamer les plus démunis (relevons quand même que la dîme ne fut pas toujours réellement appliquée par l’Église catholique, mais c’est une autre histoire…). Prenant la promesse de Malachie 3:10 dans une acception mercantile, et les téléspectateurs pour des blaireaux que l’on rasera gratis s’ils paient, les stars de la petite lucarne chrétienne ont dû ressentir un profond émoi à la vue du sondage, eux qui, tellement assistés du saint Esprit, pensaient peut-être même sonder les profondeurs de Dieu. Si les demandeurs d’argent se présentent comme des colombes, le public leur signifie qu’il n’est pas fait que de pigeons, que cela soit dit ! Restent deux solutions, le flatter comme le corbeau sur son arbre perché pour son discernement ou changer les programmes pour ne pas perdre des plumes dans l’histoire.

« Le pouvoir corrompt tout », disait Lord Acton… l’argent aussi, il pervertit les échanges humains désormais dépourvus de simplicité et d’honnêteté. Ainsi, le chrétien ne sait plus si la personnalité parle sincèrement ou avec l’idée de plumer la douce colombe. Cette dernière préfère alors se muer en aspic prudent, selon le conseil du Christ (Matthieu 10:16), et éviter les deux filles de la sangsue dont parle Proverbes 30:15, Donne et Donne, qui sont un véritable tonneau des Danaïdes. Les chrétiens américains auraient-ils réalisé les aspects douteux de certaines émissions chrétiennes ? Mais également, s’affranchiraient-ils de codes culturels jugés dépassés ?

Des émissions ennuyeuses

A distinguer des demandes d’argent liées à l’évangile de la prospérité, celles pour supporter les télévisions chrétiennes. Mais, se demande le téléspectateur, pourquoi aider alors que la qualité fait défaut ? C’est le grand problème des œuvres des évangéliques : beaucoup de leurs livres sont comme écrits au soc écorchant la terre, leurs œuvres musicales sont (à chacun d’accorder une adjectif de fréquence) assez souvent peu inspirées au risque de faire passer le saint Esprit pour moins doué que Kris Kristofferson – je n’y peux rien, je l’aime bien -, et leurs films sont sans suspense : on devine d’emblée la morale de l’histoire, alors que le scénariste pourrait s’aventurer à troubler le spectateur pour la poser à la fin. Jusque là, le public appréciait, parce que le bon chrétien se doit d’apprécier toute œuvre chrétienne ou plus largement biblique, et détonnaient les chrétiens qui affirmaient largement préférer Shakespeare à une pièce de théâtre évangélique – ce dont je ne me repentirai pas. Peut-être même ce bon chrétien aurait-il encensé le combustible de provenance humaine ayant servi à préparer le pain d’un prophète (Ezéchiel 4:12). Tout se devait d’être applaudi et parfois comparé à la supposée indigence des productions du monde. Mais le temps vient où le cucul la praline use le spectateur quand, en changeant de chaîne, il peut regarder des films comme « Les vestiges du jour » ou « Gladiator »…

Dans son livre sur la virilité, « Indomptable, le secret de l’âme masculine », John Eldredge suggère que les hommes n’aiment pas les réunions de prières efféminées et trouvent leur bonheur dans l’aventure ou en regardant des matches de boxe, des films âpres comme le précité péplum ou « Braveheart ». Il n’est pas étonnant qu’Eldredge ait été critiqué par des responsables évangéliques pour ses références culturelles. Mais Gladiator aurait-il eu le même succès si le personnage principal avait déclamé d’une voix douce : « Mon nom est Maximus… »… non, faisons dans l’humilité, « Mon nom est Minimus Decimus Meredius, commandant en chef des armées salutistes du Nord, général des boyscouts Felix, fidèle serviteur du vrai empereur – Marc Aurèle -, père d’un fils assassiné, époux d’une femme assassinée, et je jure que je te tendrai la joue gauche dans cette vie ou l’autre ! » ? Sentant peut-être cette lassitude, Sylvester Stallone, qui assure s’être tourné vers Dieu, a dit croire que son film «Rocky Balboa », au demeurant excellent, avait été inspiré par le modèle du Seigneur.

Au-delà de cette caricature, je pense, pour ma simple part, qu’un équilibre entre des productions chrétiennes – à améliorer – et des films d’en dehors est possible, que les producteurs et réalisateurs peuvent niveler vers le haut la qualité de leurs ouvrages et œuvres, sans chercher à tout imiter dans le monde, mais sans tenir pour acquise la préférence des spectateurs. C’est aussi là un signe d’humilité. Pendant ce temps, les évangéliques du Brésil se battent contre un possible ban des programmes chrétiens à la télévision

John John Summer

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