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Archive for the ‘Etats-Unis’ Category

Débats quant à la place et la définition de la religion dans deux sociétés historiquement de culture chrétienne et pratiquant des politiques d’accommodements raisonnables. Aux États-Unis, de la publicité de la religion lors des réunions administratives… Au Québec, de l’enseignement des religions et de l’éthique d’une manière telle qu’elle est susceptible d’attenter aux convictions religieuses des élèves ou de leurs parents…

Un cour d’appel fédérale américaine en Virginie a jugé le 19 septembre dernier que les membres de la commission du comté de Rowan, en Caroline du Nord, sont autorisés à débuter leurs réunions par des prières quasi exclusivement chrétiennes tant qu’ils respectent les croyances des autres. L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), dont l’un des objectifs est d’empêcher les autorités d’interférer avec les convictions religieuses des citoyens, avait porté l’affaire devant les tribunaux.

Pour aller plus loin : États-Unis : Une cour admet les prières quasi exclusivement chrétiennes dans un conseil de comté

Plusieurs articles en une huitaine dans la presse québecoise se penchent sur le cours d’Éthique et culture religieuse (ECR) suivi depuis septembre 2008 par les élèves de primaire et du secondaire, un cours substitué de force aux enseignements religieux devenus facultatifs en 1983. Face à cette sujétion, s’élèvent des critiques aussi bien sur le contenu relativiste que sur les atteintes à la liberté religieuse. En fait d’éthique, celle de la discussion chère à Jürgen Habermas, le philosophe de l’approche « dialogique » de la morale, ne serait pas respectée, un comble puisque le but affiché de l’ECR est de donner aux élèves des clés pour débattre dans un monde en mouvement.

Pour aller plus loin : Québec : des chrétiens, des athées et les nationalistes face au cours d’Éthique et de culture religieuse

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Jeunes filles à un "Purity ball".

Jeunes filles à un « Purity ball ».

Un reportage diffusé par Arte en janvier 2014 quant à la virginité chez les jeunes Américains met l’accent sur les engagements publiquement pris à rester chaste jusqu’au mariage. Un concept peu biblique pour un choix de vie biblique.

Pour les besoins du documentaire « Les contes de la virginité », les caméras sont focalisées sur les Wilson, une famille évangélique de sept enfants établie à Colorado Springs. Les Wilson sont les initiateurs des « Purity balls », bals de la pureté au cours desquelles des filles font le serment, en présence de leurs pères de rester vierges jusqu’au mariage. Pieux désir, honorable et biblique. Mais…

Si le choix de l’abstinence hors du mariage est biblique, il reste que ce type de cérémonie et d’engagement public suscite un certain malaise, pour ne pas dire un malaise certain. Quid des filles ayant perdu leur virginité suite à un viol ? Quelles conséquences morales pour celles n’ayant pas su tenir leur engagement ? Entre mentir pour dissimuler la rupture de l’engagement et l’avouer au risque de ressentir une déception communautaire, la promenade est mince.

Un engagement présomptueux et exclusif

L’accent excessivement mis sur la virginité semble concerner la virginité physique et non de cœur. Ainsi, une malheureuse jeune fille ayant subi une agression sexuelle n’aura pas sa place dans ces bals exclusifs, sauf compréhension des autres. On peut se demander si elle trouvera un homme dans ce type de communauté suffisamment mûr pour la considérer comme vierge, ne pas se focaliser sur l’aspect technique de la virginité. A l’inverse, Jésus n’a-t-il pas dit que le simple fait de convoiter une personne de l’autre sexe revient à commettre un adultère (Matthieu 5:28) ? Car le péché commence avec l’intention et non sa commission matérielle. Et l’apôtre Paul n’avertit-il point : « Que celui qui croit être debout prenne garde de tomber ! » ? Le problème n’est pas dans la station debout spirituellement ou le fait de le vouloir, mais dans la surestimation de ses capacités. Comment promettre de rester vierge jusqu’au mariage quand on ne peut prédire son lendemain, quand on débute dans l’adolescence et n’a pas encore été le plus fortement troublé par ses hormones ? Se contenter de vouloir rester chaste jusqu’au mariage serait bien plus réaliste, et se satisfaire de vivre un jour après l’autre après l’autre plutôt que de grandes déclarations prétendant valider à l’avance des années, voire des décennies en cas de rencontre tardive du grand amour, pas moins efficace peut-être. En tout cas, le poids social serait probablement moins lourd à porter après avoir failli.

L’engagement à signer : un contrôle de la vie du croyant

La chasteté du croyant ne concerne que peu de monde en dehors de lui. S’il est mineur, au plus sont probablement concernés ses parents, notamment pour des raisons de santé, mais aussi des risques de blessures morales en cas de relations sexuelles, et parce qu’ils ont un devoir de protection. S’il est majeur (et indépendant ?), lui seul. Et si, adulte, il faillit ou non avant le mariage, cela ne concernera que son futur conjoint. Je parle là de tiers humains, car son vécu de la sexualité, chaste ou active, concerne aussi Dieu qui a instauré une éthique de vie pour son bien. Elle ne saurait concerner l’église, à moins qu’il n’y ait eu un comportement tel qu’elle en ait pâti, par exemple une relation adultérine entre deux personnes de l’église ou fornicatrice qui affecte la stabilité, la réputation de l’église, comme l’adultère mentionné dans 1 Corinthiens 5:1.

J’ai personnellement eu à entendre des incroyants positivement étonnés ou dégoûtés par des connaissances mutuelles masculines s’affichant comme chrétiennes et vivant comme le monde. Ainsi, alors qu’un camarade confirmait qu’il avait pour collègue un homme célibataire que je connaissais, il me surprit en ajoutant être profondément dégoûté par les propos obscènes de cette personne qui, m’assura-t-il, racontait ses parties de jambes en l’air. Lorsqu’il me demanda d’où je connaissais cette personne, je fus bien embarrassé et répondis que mes parents connaissaient les siens, ce qui était vrai. Si cette personne avait eu un comportement tellement scandaleux par sa publicité qu’il aurait nui au Corps du Christ, il aurait été légitime de lui demander des comptes. Mais cela aurait également été légitime s’il avait volé. En d’autres termes, s’il faut contrôler la vie des gens, il faut la contrôler entièrement et pas qu’en ce qui a trait à leur intimité. Or, on le sent bien, l’air serait vite irrespirable… En réalité, le simple fait d’amener quelqu’un à signer un engagement à ne pas pécher vicie déjà l’air qu’il respire. Car il se place sous une autorité illégitime : aucun pasteur n’est moralement fondé à contrôler la vie des ouailles, aucun parent ne peut surveiller son enfant majeur et indépendant pour garantir sa virginité : imaginerait-on un père s’occuper de savoir si sa fille célibataire de 30 ans est vierge ? On rejoint là la dénonciation par l’apôtre Paul des nouveaux « préceptes qui tous deviennent pernicieux par l’abus (Colossiens 2:22), et cette dénonciation vaut pour différents comportements soumis au contrôle.

Il y a quelques années, une connaissance m’avait demandé de signer dans un mouvement qu’il dirigeait pour m’engager à rester chaste jusqu’au mariage. J’avais refusé, je n’avais pas à me placer sous le joug d’autres, plus encore pour ce qui avait trait à ma vie intime. Cette personne m’avait alors objecté : « Ou tu es avec nous, ou tu es contre nous ! »… Un peu de bon sens me permit de lui faire réaliser que du moment que je vivais comme eux mais sans signer d’engagement, mon mode de vie ne s’opposait pas au leur. Et j’aurais pareillement refusé de signer quelque serment que ce soit, aussi bien au sujet de l’alcool que de ma littérature.

Le choix de ces jeunes garçons et filles suivis par la caméra est, certes, dit libre, mais une personne à peine pubère n’est probablement pas assez éclairée pour comprendre à quel point ce serment public a pour conséquence une intrusion dans sa vie. Ayant grandi dans un milieu le justifiant, elle manque probablement de recul, d’expérience de la vie, de réflexion personnelle pour considérer l’abus spirituel que constituent ces bals et serments. L’encouragement est utile, voire nécessaire pour ces adolescents, mais n’y a-t-il pas d’autres moyens ?

John John Summer

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Dans Will Hunting, le personnage principal se gaussait d’un étudiant de l’une des grandes universités du Massachusetts qui, infatué de son savoir, aurait pu l’obtenir pour 1 dollar 50 de frais de retard à la bibliothèque au lieu de débourser 150 000 dollars en frais scolaires. Si Harvard est réputée pour son excellence, la plus ancienne université américaine a récemment fait parler d’elle pour une prétention culturelle controversée. Une messe satanique devait se dérouler ce 12 mai dans la soirée à Harvard, mais a été annulée, faute de salle disponible. L’événement, présenté comme une reconstitution, était programmé par un groupe d’étudiants à des fins éducatives.

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Le Harvard Extension Cultural Studies Club avait tenté d’organiser la messe au Middle East Restaurant, mais les responsables avaient refusé de l’accueillir. La présidente de l’Université, Drew Faust – sans ironie -, avait qualifié la messe prévue de « détestable et agressive », mais avait fait valoir la liberté d’expression des étudiants. Mme Faust avait dénoncé le projet de messe sur le site Internet de Harvard comme une provocation à l’encontre de l’Église catholique dont un événement sacré devait être ainsi moqué, ajoutant que la décision du club était « de façon flagrante irrespectueuse et incendiaire ». La présidente avait précisé qu’elle prévoyait de prendre part à une eucharistie sur le campus le même soir que la messe satanique.

L’archidiocèse de Boston avait, en effet, décidé d’organiser une célébration du sacrifice du Christ, débutant par une procession entre le Massachussetts Institute of Technology et l’église Saint-Paul dans le jardin de Harvard. L’intention était de « combattre le mal », et l’archidiocèse avait exprimé sa crainte que les participants à la messe controversée « sous-estiment l’empire de Satan ».

Les membres du club, quant à eux, affirmaient que la messe noire n’aurait qu’une visée éducative et qu’il s’agissait d’explorer d’autres cultures. C’est en raison du caractère culturel de l’événement que l’Université avait dû l’accepter, ne pouvant créer de discrimination. Mais, pour le Révérend Michael Drea, « Tout ce qui trouve ses racines dans la haine ne peut être mis dans la même catégorie que la liberté et l’expression académiques. » Le prêtre avait ajouté qu’il n’y avait pas de malentendu quant à un acte satanique qui dégrade la liturgie catholique, car il ne s’agissait pas de mauvaise compréhension mais de faits.

Le Harvard Extension Cultural Studies Club avait décidé d’organiser la messe noire avec des membres du Temple satanique de New York, une association dont l’un des objectifs est que soit érigée une statue satanique en bronze devant la Chambre de l’Etat de l’Oklahoma cette année.

Ce n’est pas la première fois que l’une des universités de la prestigieuse Ivy League voit la controverse suscitée par des projets dits culturels. En 2008, une étudiante avait fait scandale en décidant d’exposer une installation représentant ses avortements et créée à partir d’eux. La présidence de Yale et l’artiste, Aliza Shvartz, se contredisaient sur cette dernière caractéristique de l’installation, l’étudiante assurant qu’elle s’était vraiment fait inséminer afin d’avorter, l’Université affirmant qu’elle lui avait prétendu le contraire.

John John Summer

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Défilé de la Saint Patrick.

Défilé de la Saint Patrick.

 Voudrait-on mettre une célébration d’essence chrétienne en bière, on pourrait en nier son origine ainsi que c’est le cas depuis des années avec différentes fêtes comme celles Noël. Mais il est également possible de renier la spécificité aussi bien chrétienne que purement « ethnique » d’une fête en déplaçant le sujet de l’événement. La Saint Patrick en a fait les frais cette année dans la Big Apple, le lobby LGBT a forcé le brasseur irlandais Guinness a boycotter la fête.

La traditionnelle parade de la Saint Patrick sur la 5e avenue à Manhattan, lundi 17 mars, a eu lieu sans le soutien de Guinness qui aura cédé sous à la pression LGBT. Les militants homosexuels avaient en effet décider de faire mousser leur combat en affichant leur appartenance à cette « communauté » au sein de la communauté irlandaise et s’étaient heurtés au refus des organisateurs.

Depuis une vingtaine d’années, les mouvements LGBT exigent de pouvoir parader lors de la Saint Patrick, et la Cour suprême des Etats-Unis avait eu à se prononcer en 1995, dans l’arrêt Hurley v. Irish-American Gay, Lesbian, and Bisexual Group of Boston : les juges fédéraux avaient donné raison aux organisateurs de la célébration à Boston, en faisant valoir qu’ils étaient fondés à refuser quiconque viendrait avec une message ne correspondant pas avec leurs valeurs. La Cour avait mis en avant le caractère privé de l’organisation.

Toujours sensible aux voix communautaristes, le nouveau maire de New York, Bill de Blasio, a boycotté la manifestation, tout comme son collègue de Boston, Martin Walsh. Le bar homosexuel Stonewall Inn avait annoncé qu’il ne vendrait pas de Guinness, et GLAAD, une association de défense des homosexuels avait menacé d’organiser un événement anti-Guinness le jour de la Saint Patrick si le brasseur ne retirait pas son soutien à la parade. Le terrorisme économique a fonctionné puisque Guinness a rejoint ses concurrents Heineken et Sam Adams qui avaient déjà annoncé leur absence vendredi dernier. Pour justifier sa décision tardive, prise au dernier moment, Diageo, la maison-mère de Guinness, a assuré : « Nous avons espéré que la politique d’exclusion soit annulée pour la parade de cette année. Comme cela n’a pas eu lieu, Guinness retire sa participation. Nous allons continuer à travailler avec les leaders de ces communautés pour nous assurer que les futures parades appliquent une politique non-discriminatoire. »

Si la Saint Patrick est une occasion d’entrechoquement des chopes dans une atmosphère bon enfant et de rappel des origines, c’est aussi une fête chrétienne célébrée à New York chaque 16 ou 17 mars – une souplesse calendaire pour éviter le dimanche. Maewyn Succat, futur évêque Patricius, est l’évangélisateur de l’Irlande où il a fait bâtir des églises, des monastères et des écoles au Ve siècle. C’est à sa suite que le trèfle est devenu le symbole de l’Irlande ; il avait expliqué la Trinité en montrant une feuille de cette plante à l’occasion d’un sermon. Très populaire dans la belle Erin et dans la diaspora irlandaise, sa fête donne lieu à de nombreuses manifestations. Celle de New York regroupe environ 150 000 participants, sans compter les deux millions de personnes qui assistent au défilé du cortège. Parade célébrant l’Irlande et son saint patron, il allait de soi que les revendications homosexuelles ne seraient pas acceptées : parce que c’était une provocation envers les catholiques, mais aussi parce que le sujet concernait l’Irlande et que ceux qui voulaient défiler ne le faisaient pas en exhibant leur sexualité mais leurs liens avec l’Eire. De fait, personne n’empêche les homosexuels ou les transsexuels de prendre part à la manifestation, tant qu’ils ne changent pas l’objet de celle-ci. De la même façon que la parade de la Saint Patrick n’est pas l’occasion d’agiter les emblèmes du Mexique dans le cortège sur la 5e avenue. Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny,qui a pris part à l’évènement à New York, a replacé les choses dans l’ordre, rappelant que c’est là une occasion de manifester sa « fierté d’être irlandais et non [sa] sexualité ».

Déplacer le sujet d’un événement, c’est une stratégie à laquelle sont rompus les mouvements LGBT : ils décident d’y participer ou de le contester en mettant en évidence leur spécificité alors que l’objet de la manifestation ne concerne en rien la sexualité – et quand bien même la concernerait-il, s’il est l’hétérosexualité, la revendication homosexuelle n’y a pas sa place, n’étant pas directement le sujet. Les Jeux de Sotchi en ont récemment fait les frais avec toute une propagande anti-Poutine pour son interdiction de la propagande homosexuelle dans l’espace public – l’homosexualité n’est pas pénalisée en Russie, quoi qu’en disent les médias peu curieux, les manifestations LGBT si, dans le but de protéger les enfants ; et de plus en plus d’établissements bancaires proposent des produits financiers LGBT, ainsi le Crédit Suisse, ou BNP Paribas qui a convié ses salariés à une conférence intitulée « L’orientation Sexuelle : une question d’opportunité business » – avec une majuscule à l’adjectif. Les militants LGBT ont réalisé tout l’intérêt qu’il y avait à réclamer que les entreprises s’adaptent à leur sexualité : elles perdraient leurs clients ou ne les attireraient pas, tandis que la clientèle qui ne serait pas « hétérosexuelle militante » serait indifférente à ces choix publicitaires.

Cette provocation et cette victimisation ne s’accompagnent cependant pas d’une ouverture des manifestations homosexuelles aux « hétérosexuels militants » : si des hétérosexuels tiennent à participer aux Gay Prides, ils ne sont pas refoulés, mais ils ne le pourront pas en tant que militants hétérosexuels, alors que les militants LGBT tiennent à être de la parade de la Saint Patrick non pas en tant que proches de l’Irlande, indifféremment de toute orientation sexuelle, mais en tant que militants. Déplaçant ainsi l’objet de la fête à la question sexuelle pour se poser en victimes d’une prétendue discrimination. Pas plus que ce souci de la diversité ne les encombre pas quand ils organisent les Gay Games, jeux olympiques homosexuels, où l’on image mal des militants hétérosexuels pouvoir participer en tant que militants.

John John Summer

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Le tonneau des Danaïdes.

Le tonneau des Danaïdes (John William Waterhouse).

 

C’est un surprenant résultat qu’a obtenu le directeur général de Doers TV, David Wright, après une enquête auprès de 100 000… fans sur Facebook, les chrétiens en auraient assez des émissions des chaînes de tendance évangélique. Neuf sur dix l’ont affirmé, selon le Christian Post du 8 juin dernier. Ouf ! Nous sommes passés près de l’apocalytique Bête à dix cornes devant naître dans les temps d’apostasie… En cause, l’absence de crédibilité des stars chrétiennes et les soûlantes demandes d’argent.

Non seulement, ces chrétiens n’aiment pas la télévision chrétienne mais, en plus, ils se privent de la bénédiction de la regarder puisqu’ils n’assistent alors pas aux demandes d’argent, dont chacun sait que, exaucées, elles attirent moult perles de céleste rosée des aurifères régions du Ciel… Malachie 3:10 ne dit-il pas, en effet, que celui qui apportera des offrandes au Seigneur sera comblé en retour ? Or, parmi les causes de leur désaffection, voire désaveu, l’on trouve la lassitude face aux « trop nombreuses quêtes monétaires et téléthons pour lever des fonds ». Y ressemblant, l’on apprend également que les chrétiens sondés n’apprécient pas les enseignants du faux évangile de la prospérité et leurs manipulations. Don d’argent, évangile de la prospérité, responsables douteux, voilà des idées qui se suivent à la manière des mots dans un jeu des kyrielles : Marabout, Bout de ficelle, Selle de cheval… Nous venons de frôler Saddleback et son sinueux Rick Warren. Kyrie! Nous voilà exaucés, la dernière cause ne peut être raccordée aux précédentes, ni même aux Trois petits chats autrement plus haletants de suspense : les chrétiens sondés trouvent les programmes chrétiens… ennuyeux et de faible qualité.

Corne d’abondance et tonneau des Danaïdes

Puisque nous sommes dans les jeux de mots, citons le mot porte-manteau de Voltaire : « décimeur », enfant de la dîme et du décimateur, qui désignait la première qu’il considérait comme lourde au point d’affamer les plus démunis (relevons quand même que la dîme ne fut pas toujours réellement appliquée par l’Église catholique, mais c’est une autre histoire…). Prenant la promesse de Malachie 3:10 dans une acception mercantile, et les téléspectateurs pour des blaireaux que l’on rasera gratis s’ils paient, les stars de la petite lucarne chrétienne ont dû ressentir un profond émoi à la vue du sondage, eux qui, tellement assistés du saint Esprit, pensaient peut-être même sonder les profondeurs de Dieu. Si les demandeurs d’argent se présentent comme des colombes, le public leur signifie qu’il n’est pas fait que de pigeons, que cela soit dit ! Restent deux solutions, le flatter comme le corbeau sur son arbre perché pour son discernement ou changer les programmes pour ne pas perdre des plumes dans l’histoire.

« Le pouvoir corrompt tout », disait Lord Acton… l’argent aussi, il pervertit les échanges humains désormais dépourvus de simplicité et d’honnêteté. Ainsi, le chrétien ne sait plus si la personnalité parle sincèrement ou avec l’idée de plumer la douce colombe. Cette dernière préfère alors se muer en aspic prudent, selon le conseil du Christ (Matthieu 10:16), et éviter les deux filles de la sangsue dont parle Proverbes 30:15, Donne et Donne, qui sont un véritable tonneau des Danaïdes. Les chrétiens américains auraient-ils réalisé les aspects douteux de certaines émissions chrétiennes ? Mais également, s’affranchiraient-ils de codes culturels jugés dépassés ?

Des émissions ennuyeuses

A distinguer des demandes d’argent liées à l’évangile de la prospérité, celles pour supporter les télévisions chrétiennes. Mais, se demande le téléspectateur, pourquoi aider alors que la qualité fait défaut ? C’est le grand problème des œuvres des évangéliques : beaucoup de leurs livres sont comme écrits au soc écorchant la terre, leurs œuvres musicales sont (à chacun d’accorder une adjectif de fréquence) assez souvent peu inspirées au risque de faire passer le saint Esprit pour moins doué que Kris Kristofferson – je n’y peux rien, je l’aime bien -, et leurs films sont sans suspense : on devine d’emblée la morale de l’histoire, alors que le scénariste pourrait s’aventurer à troubler le spectateur pour la poser à la fin. Jusque là, le public appréciait, parce que le bon chrétien se doit d’apprécier toute œuvre chrétienne ou plus largement biblique, et détonnaient les chrétiens qui affirmaient largement préférer Shakespeare à une pièce de théâtre évangélique – ce dont je ne me repentirai pas. Peut-être même ce bon chrétien aurait-il encensé le combustible de provenance humaine ayant servi à préparer le pain d’un prophète (Ezéchiel 4:12). Tout se devait d’être applaudi et parfois comparé à la supposée indigence des productions du monde. Mais le temps vient où le cucul la praline use le spectateur quand, en changeant de chaîne, il peut regarder des films comme « Les vestiges du jour » ou « Gladiator »…

Dans son livre sur la virilité, « Indomptable, le secret de l’âme masculine », John Eldredge suggère que les hommes n’aiment pas les réunions de prières efféminées et trouvent leur bonheur dans l’aventure ou en regardant des matches de boxe, des films âpres comme le précité péplum ou « Braveheart ». Il n’est pas étonnant qu’Eldredge ait été critiqué par des responsables évangéliques pour ses références culturelles. Mais Gladiator aurait-il eu le même succès si le personnage principal avait déclamé d’une voix douce : « Mon nom est Maximus… »… non, faisons dans l’humilité, « Mon nom est Minimus Decimus Meredius, commandant en chef des armées salutistes du Nord, général des boyscouts Felix, fidèle serviteur du vrai empereur – Marc Aurèle -, père d’un fils assassiné, époux d’une femme assassinée, et je jure que je te tendrai la joue gauche dans cette vie ou l’autre ! » ? Sentant peut-être cette lassitude, Sylvester Stallone, qui assure s’être tourné vers Dieu, a dit croire que son film «Rocky Balboa », au demeurant excellent, avait été inspiré par le modèle du Seigneur.

Au-delà de cette caricature, je pense, pour ma simple part, qu’un équilibre entre des productions chrétiennes – à améliorer – et des films d’en dehors est possible, que les producteurs et réalisateurs peuvent niveler vers le haut la qualité de leurs ouvrages et œuvres, sans chercher à tout imiter dans le monde, mais sans tenir pour acquise la préférence des spectateurs. C’est aussi là un signe d’humilité. Pendant ce temps, les évangéliques du Brésil se battent contre un possible ban des programmes chrétiens à la télévision

John John Summer

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Barack Obama est sorti du placard, clairement pour une fois : le Président des Etats-Unis a fait un coming out à sa façon, en se déclarant favorable au mariage homosexuel. Mais nous ne sommes pas en Amérique pour rien, Jésus-Christ est appelé en renfort. Et peu importe que son propos soit déformé pour légitimer celui d’Obama, le très chrétien roi de… pardon ! Président des USA.

L’écrivain catholique Gilbert K. Chesterton a dit que « Le monde est plein d’idées chrétiennes devenues folles« , et plutôt que de regarder le contexte de la déclaration d’Obama, parlons de la torsion à la folie de la sagesse du Christ. « Au bout du compte, la religion, ce n’est pas seulement le sacrifice de Jésus. C’est aussi : traitez les autres comme vous voudriez être traités », a ainsi redéfini le christianisme Barack Obama. Il ne s’agit en fait pas d’une réelle surprise, seul le moment étonne. Le 3 juin 2009, usant d’une formule habituelle, Obama avait déclaré : « Et donc par conséquent, moi, Barack Obama […] proclame par la présente juin 2009 comme mois de la Fierté Gay, Lesbienne, Bisexuelle et Transgenre. […] En témoignage de quoi, j’ai apposé ci-dessous la signature de ma main en ce premier jour de juin de l’année du Seigneur [sic !] deux mille neuf, et la deux cent trente-troisième de l’Indépendance des États-Unis. » Le Président a depuis itéré ce genre d’intervention.

Ce n’est pas la première que Barack Obama convoque Jésus-Christ quand jugé utile, il l’avait déjà fait à l’occasion d’un petit-déjeuner national de prière pour justifier son plan de santé, l’Obamacare – qui permet de financer des avortements jusqu’à la veille de la naissance – et, aurait bien aimé le Président, ceux par naissance partielle dont il soutient le principe, mais ont été interdits par la Cour suprême fédérale en 2007 (il s’agit de perforer le crâne du fœtus avant d’aspirer son cerveau pour faciliter sa sortie, ce à partir du cinquième mois). Mais, à d’autres occasion, Obama a omis Dieu, comme lors d’un discours en 2010 où, citant la Déclaration d’Indépendance  (1), il a évacué le terme « Créateur » (vidéo) ou encore à l’occasion de sa prise de parole pour le dernier Thanksgiving.

Pour ma part, je pense que Barack Obama a surtout utilisé Luc 6:31 dans un sens kantien – qu’il y ait pensé ou non, peu importe -, relativiste pour amener les chrétiens à accepter son propos, comptant peut-être sur le fait que plus d’un ne lit pas sa Bible et n’exerce pas d’esprit critique. L’impératif catégorique du philosophe de Königsberg ressemble beaucoup aux paroles de Jésus : « Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle », sans avoir la même dimension spirituelle ni même éthique, bien qu’elle soit généralement louable. Ce n’est pas sans rappeler la bonne vieille publicité du Canada Dry : « Ça ressemble à l’alcool, c’est doré comme l’alcool mais ce n’est pas de l’alcool. »… ça ressemble à des paroles de Jésus mais c’est du Kant ou de l’Obama (bien que j’aie plus d’estime pour l’Allemand qui n’employait pas son impératif en fonction de ses intérêts). Si le Président-candidat avait mentionné l’idée des versets suivants, il aurait pu déclarer qu’un aveugle conduit mal des personnes frappées de cécité (Luc 6:39).

John John Summer

(1) Version normale :

Declaration of Independence:
« We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal, that they are endowed by their Creator with certain unalienable Rights, that among these are Life, Liberty and the pursuit of Happiness. — That to secure these rights, Governments are instituted among Men, deriving their just powers from the consent of the governed, — That whenever any Form of Government becomes destructive of these ends, it is the Right of the People to alter or to abolish it, and to institute new Government, laying its foundation on such principles and organizing its powers in such form, as to them shall seem most likely to effect their Safety and Happiness. »

(suite…)

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La campagne présidentielle américaine fait parler les responsables religieux les plus en vue, le Christian Post du 25 avril rappelle que Joel Osteen vient d’accorder un label chrétien à ceux qui s’affronteront probablement de l’été au 6 novembre, Mitt Romney et Barack Obama.

C’est au cours de l’émission  « The Situation Room with Wolf Blitzer » sur CNN que le pasteur de la megachurch de Houston, la plus grande église des États-Unis (plus de 40 000 fidèles), a fait état de sa pensée ou de ce qu’il a présenté comme telle. Car la langue de bois étant répandue jusque dans les milieux ecclésiastiques, la conviction et le réel intérêt ne se sustentent pas toujours à la même table. Interrogé au sujet de Romney, mormon, Osteen a itéré son propos de janvier en affirmant qu’il était effectivement chrétien : « Quand j’entends Mitt Romney dire qu’il croit que Jésus est le fils de Dieu – qu’il est le Christ, ressuscité des morts, et son sauveur – cela est suffisant pour moi », avant d’ajouter « Le mormonisme est un peu différent, mais je considère toujours ces croyants comme mes frères en Christ. »

Concernant Obama, Osteen n’aurait aucun doute sur sa foi après avoir passé du temps avec lui. Rappelons  qu’Obama est le président américain qui a le plus combattu la morale chrétienne ainsi que le droit à l’objection de conscience des chrétiens, qu’il n’a pas réellement agi au bénéfice des chrétiens persécutés tout en prétendant que les Etats-Unis sont l’un des plus grands pays musulmans du monde et en louant ce qu’il appelle la tolérance de l’islam, ce qu’a dénoncé Franklin Graham en février dernier : « Je n’ai aucune idée de ce en quoi Obama croit réellement. Tout ce que je sais, c’est que, durant sa présidence, il a semblé davantage concerné par les musulmans à travers le monde que par les chrétiens qui se font assassiner dans les pays musulmans. » Mais à la décharge du très large pasteur Osteen, on notera que Graham a présenté ses excuses peu après – ce qui pourrait être compris comme invalidant ses remarques pertinentes.

Le mormonisme et le Dieu des chrétiens

Malgré diverses réserves, je voterais bien pour Mitt Romney, à défaut des excellents Rick Santorum ou Newt Gingrich. Peu m’importe sa religion s’il met en place une politique respectant une morale chrétienne. Même un athée pourrait le faire, ce fut le cas du second président Roosevelt. Et j’ai beaucoup de respect et de sympathie pour les mormons, des personnes intelligentes qui sont loin de mériter le mépris auquel elles doivent encore faire face de nos jours ainsi que les ragots sur leurs convictions, notamment la polygamie. But… but, je ne me sentirais pas obligé de prétendre que le minimum de croyances communes entre nous suffit, car le mormonisme c’est bien autre chose que la confession de la divinité de Jésus, ressuscité d’entre les morts et sauveur des hommes. Le mormonisme, c’est également le polythéisme, la foi dans un destin divin de chacun appelé à devenir un dieu régentant son espace là-haut, comme Dieu fut un être créé à l’origine  et parvenu à la divinité par le mérite, selon les écrits des Saints des Derniers Jours.

La tentation peut être grande de se suffire des points communs et de se dire que le reste ne prête pas à conséquence. Après tout, que de divergences entre les chrétiens, quoi de commun entre un luthérien et un charismatique ? La confession fondamentale de la divinité du Christ, rédempteur de l’humanité. Comme chez les mormons. Est-ce si important si les mormons considèrent la Trinité comme un polythéisme avec trois entités réellement – au sens étymologique : physiquement – distinctes soudées par la même téléologie ? Et s’ils croient qu’existent d’autres dieux mais avec des univers qui leur sont contingents, ce qui nous dispense de les adorer puisque nous ne sommes pas des leurs ? Pour ma part, je me réfère à l’omniprésence, la toute-puissance de Dieu, souverain sur toutes choses pour contester une telle théologie qui relativise sérieusement la divinité chrétienne. Pour dire les choses courtement, reconnaître Jésus comme fils de Dieu ne suffit pas si l’on ne partage pas la même définition de Dieu. Et peu m’importe que les mormons vivent selon des standards moraux très élevés à faire pâlir de honte plus d’un chrétien, leur théologie morale n’épuise pas la densité et la quantité de leurs errances doctrinales.

Je me garderai d’affirmer de manière péremptoire quel est le soubassement des propos de Joel Osteen ; il me suffit simplement de dire que si le but est de flatter le futur président des États-Unis, quel qu’il soit, la cause de l’Évangile est perdante parce que l’Évangile c’est aussi annoncer librement la vérité qui rend libre, même par rapport aux puissants, ne pas soumettre l’Évangile à leur autorité. Et ne pas ajouter à la confusion, au relativisme, surtout quand l’on est en charge d’âmes.

Il y a quelques années, je me trouvais dans un groupe d’étude biblique, et quelqu’un avait fait partir la discussion sur le fait de salarier les ministres du culte et l’offrande. J’avais alors cité 1 Corinthiens 9, Malachie 3:10 et Alma 30:33. Notre groupe d’une dizaine de personnes avait gardé le silence jusqu’à ce qu’une fille le brisât d’un amusé : « C’est marrant, toi, tu cites toujours la Bible ! » Je lui répondis alors que c’était le… Livre de Mormon. A sa décharge, c’était une jeune convertie. En revanche, les autres présents n’avaient peut-être pas osé s’interroger à haute voix sur ce verset parce que j’avais la réputation d’être une Bible ambulante et que me questionner devant tout le monde aurait pu passer pour de l’ignorance de la Bible. Joel Osteen dira-t-il que les mormons sont des chrétiens… mais uniquement d’après leur livre ?

John John Summer

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