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Archive for the ‘Divers’ Category

Le ciel d’août est auguste, de la poussière et des bolides y fulgurent sous le nom d’étoiles filantes dont l’occurrence est particulièrement élevée entre les 11 et 15 du mois. C’est vers 1 heure et demie dans la nuit du 12 que ces météores seront le plus visibles. Du moins si le ciel n’est pollué ni par les nuages ni par la lumière terrestre, ni traversé par l’éclat lunaire. Une pollution largement d’origine humaine, surtout en ville, qui tronque désormais le ciel de la grande majorité de l’humanité. « Celui qui ne contemple pas le ciel a-t-il conscience qu’une dimension fondamentale de l’expérience humaine lui échappe ? », se demande l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet, directeur de recherche au CNRS, rapprochant le mystère de la nuit d’une « porte ouverte sur toutes les promesses possibles, source de surprises et lieu d’infinie poésie » (1).

Les vendanges incandescentes de cette année s’annoncent exceptionnelles entre le 11 et le 13 avec probablement deux fois plus de grains de lumière et de bolides qu’à l’accoutumée, car les météores pourraient être au nombre de 200 à 300 en une heure contre 100 à 120 les autres années grâce au détournement de la queue de la comète par la gravité de Jupiter qui l’a ainsi rapprochée de la Terre ; le tout sur un fond mensuel visible assez rare d’alignement apparent de cinq planètes. Et il faudra attendre douze années avant de retrouver un tel essaim de Perséides (2). Ce spectacle de débris qui brasillent se produit lorsque, chaque été, notre planète rencontre sur son chemin orbital autour du Soleil des particules issues de la comète Swift-Tuttle qui se frottent alors à notre atmosphère. La vitesse du choc des météores contre l’air produit de la lumière, et les molécules de l’air arrachent alors les atomes des météores, un affrontement qui donne l’impression qu’ils se consument, pour la plus grande joie des spectateurs.

Perséides (Cité de l'Espace).

Perséides en août 2013 (Cité de l’Espace).

 

Cependant, qu’il s’agisse des étoiles filantes ou des vrais corps stellaires, 80 % de la population mondiale n’a plus accès à l’impressionnante lumière que permet un ciel dégagé la nuit et l’absence de rayonnement lumineux d’origine humaine, un chiffre qui monte à 99 % chez les seuls Européens et Américains. « Nous nous sommes habitués à un ciel bien moins riche en étoiles qu’il ne l’est naturellement », regrette Fabio Falchi de l’Institut italien de la pollution lumineuse, pour qui « le plus grand spectacle de la nature a disparu. » Le ciel étoilé que l’on observe à la campagne n’est rien à côté de celui que l’on peut voir en pleine mer. L’homme perçoit probablement moins d’astres que le phoque commun qui se repère dans l’océan la nuit grâce à… l’étoile polaire (3). L’espace, aux images invisibles à l’œil nu aujourd’hui démocratisées, notamment celles magnifiques que nous communique Hubble, est paradoxalement devenu invisible concernant ce que discernaient naturellement les hommes. Des corps auparavant manifestes pour tous sont maintenant une cible nécessitant des vecteurs comme les simples lunettes astronomiques qui, dans bien des cas, sont davantage une prothèse, compensant ce que l’humain amputé de sa capacité d’observation du ciel a perdu, que de simples outils d’amélioration, vecteurs que ne possèdent pas les 80 % des habitants de la Terre aux cieux appauvris.

« Je me souviens du ciel extraordinaire vu depuis l’orbite, du côté de la face cachée de la Lune. Mais de l’autre côté, on ne voit pas les étoiles, la Terre est trop présente, trop brillante, elle prend toute la place », se souvient avec nostalgie Charlie Duke, le dixième homme à avoir marché sur la Lune (4) – les photos prises depuis la Lune, d’ailleurs, ne permettent pas de rendre compte de la beauté du réseau d’étoiles sur fond de noir profond, les appareils étaient réglés pour capturer le décor lunaire.

L’atrophie de la vue sur le ciel, un allégorie de la perte de la vue sur le Ciel

Cette perte de contact visuel avec les étoiles est certes scientifiquement compensée par des découvertes sur le cosmos – à côté de beaucoup de spéculations et théories, nécessaires – que ne perçoivent pas les sens privés de la technique, telles que la confirmation de l’existence des ondes gravitationnelles ou la musique des sphères – ainsi, le Soleil résonne en sol dièse –, mais, sans militer contre l’urbanité, on peut regretter que l’homme ait perdu une part de la lettre stellaire du Créateur. Pareillement, sur un plan allégorique, n’y a-t-il pas matière à constater la corrélation entre, d’une part, un exponentiel développement économique qui détourne comme jamais l’homme de la spiritualité en le réduisant à un statut de consommateur, et, d’autre part, l’urbanisation croissante arrachant à l’homme sa vue des cieux et faisant de lui la mesure de toute chose sous une voûte bien plus vaste que lui ? Ou encore à assimiler cet épuisement du visible à l’agitation des inquiétudes phosphorescentes dans la nuit humaine qui dissimulent la présence de Dieu ?

Charlie Duke était officiellement chrétien avant d’aller sur la Lune, mais, pas plus qu’il ne sentit la présence de Dieu sur notre satellite, il ne trouvait Dieu dans son église, affirme-t-il. Cependant son expérience spatiale l’aida indirectement à cheminer vers son Créateur : lors d’une retraite de deux jours dans un ranch pour étudier la Bible, alors qu’il tenait son café dans une main et le Livre saint sur ses genoux, ses yeux se décillèrent, il réalisa que Dieu l’aimait depuis la Création de l’Univers, et il lui confia immédiatement sa vie : par comparaison avec son expérience lunaire, il avait vu l’essentiel, même la Lune n’avait pu satisfaire son désir de réussite. La frénésie du souvenir de ses pas sur l’astre le plus proche de notre planète a cédé devant l’excitation des pas qu’il fait avec Dieu. Un changement de perspective spirituel nécessaire pour rencontrer Dieu, ainsi qu’est nécessaire celui de qui veut admirer le ciel et doit s’éloigner de la pollution lumineuse, accoutumer ses yeux au noir pendant 15 à 30 minutes pour voir un peu de ce que vit Duke lors de son changement de perspective spatial pour a posteriori davantage apprécier son expérience d’astronaute.

John John Summer

(1) Sciences et Avenir, Hors-Série, numéro 186, C’est un bonheur de découvrir le ciel avec un enfant, p.6.
(2) Et en 2032, la Terre traversera une exceptionnelle pluie de Léonides, un essaim de météores de la comète Tempel-Tuttle qui passera à grande proximité d’elle. En 1966, la fréquence d’étoiles filantes de cet astéroïde était de 150 000 en une heure, une activité qui s’explique par la jeunesse de la comète (moins de 500 ans contrairement à Swift-Tuttle qui avait déjà été aperçue en l’an – 69, avant d’être répertoriée en 1862) ; en 1999, Tempel-Tuttle sillonna à nouveau l’espace près du soleil, la pluie cosmique fut moins drue mais elle dura jusqu’en 2002. Cette comète périodique dont la période orbitale autour du Soleil est d’un peu plus de 33 ans, et qui passe tous les ans vers novembre près de la Terre, « frôlera » cette dernière pour un spectacle grandiose.
(3) Sciences et Avenir, ibid., Les animaux nocturnes se repèrent-ils aux étoiles ?, p. 34.
(4) Ciel & Espace, numéro 537, p.60, Charlie Duke, Astronaute d’Apollo 16, « La NASA n’est plus aussi audacieuse ».

 

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 Si l’actualité du roman français est faite de tressages trop précipités de lauriers, à ce qu’en dit sans grand tort en substance l’écrivain et éditeur Richard Millet, la traduction en français de romans étrangers peut parfois être réglée sur une vision très policée du monde, excluant les repères politiquement dérangeants que sont les origines, notamment culturelles. Voici deux mois, l’Observatoire de la Christianophobie proposait de parapher une pétition adressée – et, pour l’instant, sans suite connue – à l’éditeur Hachette Jeunesse quant à une traduction du « Club des Cinq au bord de la mer », un livre pour enfants d’Enid Blyton. Une traduction qui déforme totalement un passage mentionnant un culte dans la version originale. Une dernière trahison après celle de la langue française que l’on pourrait résumer par un Vade retro Vaugelas!

 L’idée de recourir à la pétition pour réclamer qu’un éditeur propose une traduction mentionnant l’événement de la messe peut interroger – s’agit-il de réclamer la fidélité au propos original, de signifier que la déchristianisation forcée est malsaine, ou de défendre une certaine idée identitaire (terme non connoté péjorativement ici) ? -, elle répond toutefois à une préoccupation sérieuse dans un contexte d’élimination d’autant de traces que possible du façonnage de l’Europe par le christianisme. Nous sommes loin de l’attribution du Prix Nobel de littérature à François Mauriac en raison de « la profonde imprégnation spirituelle et l’intensité artistique avec laquelle ses romans ont pénétré le drame de la vie humaine », une préoccupation dépassant de loin la brève mention de l’assistance à un culte et la bonté d’un pasteur.

 La comparaison des deux textes, celui de 1969 et celui de 2011, permet d’appréhender la nette modification touchant à ce point. Dans le premier, l’allusion à la convocation des catholiques est suivie d’une brève et superficielle description d’un bon curé, de l’église et du sermon – dans le texte original, la dénomination n’est pas précisée, et l’on peut davantage penser qu’il s’agit d’un culte protestant, voire anglican si l’ecclésiastique est un simple suffragant, le pasteur étant nommé par son seul patronyme, « Parson » :

« Voulez-vous aller à la messe ? demanda Mme Penlan. La route jusqu’à l’église de Trémanoir est ravissante, vous aimerez sûrement M. le curé; c’est un saint homme. – Oui, nous irons, dit François […] La vieille église dormait à l’ombre de ses tilleuls; elle était toute petite, accueillante, charmante. Lorsque Yan vit que l’on attachait le chien près du portail de l’église, il décida de rester avec son ami, ce qui n’amusa pas du tout Claude. Elle ne pourrait pas les surveiller, et ils allaient faire les fous tout le temps, qu’elle serait à la messe. La chapelle était fraîche et obscure, mais trois vitraux de couleurs projetaient sur les colonnes et sur les dalles des reflets violets, rouges et bleus. M. le curé avait l’air d’un saint. Son sermon, tout simple, semblait émouvoir chacun des fidèles en particulier. Il les connaissait bien tous, il était leur ami. Lorsque les enfants sortirent de la messe, ils furent éblouis par le soleil. »

 Dans le second, le traducteur substitue un marché à la messe, et le seul point commun avec le premier est l’ombre des tilleuls :

« Voulez-vous m’accompagner au marché ? demande la fermière, après avoir rempli la dernière mangeoire de l’étable. – Oh, oui ! acquiescent les enfants. On tiendra Dago en laisse pour qu’il ne se jette pas sur les stands de poulets rôtis […] Le marché se tient à l’ombre des tilleuls : il n’est pas grand, mais très vivant. Sur les étalages reposent des légumes colorés et des fruits juteux. Des poulets dorés tournent sur les broches des rôtisseries. Les commerçants interpellent de leur voix sonores les clients qui arpentent l’allée, pour vanter la qualité de leurs produits. Mme Elouan connaît bien le boucher car c’est lui qui se charge de vendre les volailles de sa ferme. Lorsque les enfants quittent le marché, ils se sentent affamés. »

 Outre les éventuels problèmes juridiques que pose ce passage si les ayants droit n’y ont pas consenti puisque, en droit européen, un ouvrage ne tombe dans le domaine public que 70 ans après la mort de son auteur et que, le droit moral étant perpétuel, il ne saurait être question ni de retirer le nom de l’auteur ni de lui attribuer un texte qui n’est pas le sien, il s’agit là manifestement d’une volonté d’effacer la référence au christianisme. L’hypothétique accord des héritiers d’Enid Blyton ne saurait justifier sur le plan moral la décision de déformer la volonté de l’auteur.

De l’affaissement de la langue au déni de la culture d’origine d’un texte

 Depuis plusieurs années, les traductions des ouvrages d’Enid Blyton font l’objet de critiques fondées en raison du nivellement vers le bas qu’elles imposent. Ainsi, le pronom « nous » est confondu avec le « on », ce qui ne pose peut-être pas de souci dans le langage parlé mais ne permet pas à l’enfant de découvrir la précision de la langue en même temps qu’il prend plaisir à lire ; ou encore est supprimé le passé simple dont Roland Barthes rappelait dans Le Degré zéro de l’écriture qu’il suppose un monde construit, cohérent. Les ouvrages d’Enid Blyton sont certes d’un niveau peu exigeant, mais c’était bien là aussi leur intérêt, tout enfant pouvait lire sans risque de se perdre. Désormais, il faut également compter sur un certain politiquement correct.

 

 Parce que le lectorat d’Enid Blyton est très jeune, les traducteurs ont pris l’habitude d’adapter les ouvrages au public français. Ainsi, les noms sont modifiés, soit francisés (traduits ou non, par exemple « Tremannon Church » devient « l’église de Trémanoir »), soit totalement différents (« George » devient « Claude », à cause d’une éventuelle plus grande occurrence de ce prénom en France que celui traduit de « Georges » à l’époque, facilitant ainsi l’identification d’un maximum de jeunes lecteurs au personnage, peut-on supposer), soit raccourcis (« Mrs Penruthlan devient « Madame Penlan »). Le but est que le petit lecteur francophone ne perde pas trop ses repères, et c’est probablement ainsi qu’il faut comprendre le fait de rendre en français le passage sur l’église par un vocabulaire catholique (messe, curé) qui ne peut qu’intriguer concernant l’original quand on sait le mépris en lequel étaient tenus les catholiques jusque tard dans le siècle dernier en Angleterre – même si Blyton était catholique. Pour un jeune lecteur, dans une France alors encore largement parcourue de cols romains, jeune lecteur qui suivait probablement les cours de catéchisme même si Mai 68 venait d’ouvrir encore davantage la porte à la contestation de la religion, parler d’une messe catholique faisait peut-être davantage sens. Cependant, malgré la désaffection pour le religieux, rien ne justifie qu’en 2011 on substitue tout un passage sur une visite au marché à celui original de la présence à un culte ; c’est là totalement dénaturer le propos de l’auteur qui voulait peut-être présenter certaines valeurs (que sa vie privée ait été moins en accord avec ces valeurs, même si Blyton s’était convertie au catholicisme qu’elle ne pratiquait cependant pas vraiment, relève d’un autre ordre). Il y a une différence entre la traduction pure et la version, la dernière intégrant plus largement le contexte dans lequel a été rédigé l’écrit qu’elle restitue dans une autre langue ; dans le cas présent, il ne s’agit même plus de version mais de trahison du texte.

L’impossibilité de dissocier la littérature anglaise et la religion

 Si les livres d’Enid Blyton sont évidemment très simplistes du point de vue de l’écriture, ils ont également la prétention de défendre des valeurs simples, encore binaires, et cela suffit à un jeune enfant en construction, à moins qu’il n’ait un appétit intellectuel supérieur à celui de sa classe d’âge. Retirer un élément probablement essentiel, dans la mesure où il parle de valeurs (le pasteur est un homme simple et amical dont les sermons sont suivis) pour y substituer une histoire de consommation locavore (le marché) plus en phase avec la religion du moment (la consommation de proximité et le contact avec le marchand-producteur) considérée comme une autre valeur, c’est refuser à l’auteur ses références. Que faire des autres écrivains anglais, pour adultes, dont certains d’envergure et au panthéon de la littérature, qui en appellent même clairement à la Bible, ainsi les sœurs Brontë, pour ne pas mentionner John Milton et son Paradis perdu ?

 Dans Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë fait tenir des appels à la repentance par la domestique Nelly à l’endroit de Heathcliff, parsemés de citations bibliques, certes non référencées mais sans ambages. Anne Brontë, quant à elle, développe des pages entières de débats théologiques dans Agnes Grey et La locataire de Wildfell Hall (parfois de manière lourde) et prête à ses personnages préférés et maltraités des propos sur la grâce divine et le pardon évangélique. La fréquentation de l’église est développée. La plus célèbre des trois sœurs, Charlotte, nourrie du Livre d’Ésaïe, ne cache non plus pas l’influence biblique avec des allusions qu’un lecteur de la Bible peut aisément comprendre… Dans Raison et Sentiments, Jane Austen attribue à sa foi méthodiste le sens de la justice de la parente d’un séducteur qui a délaissé une adolescente qu’il avait ravie et abandonnée enceinte, parente qui décide de déshériter l’affreux ; Charles Dickens, dans David Copperfield, décrit des témoignages de repentance, certes douteux, mais qui font référence à la régénération spirituelle ; ou encore, plus proche de nous dans le temps, Graham Greene développe par exemple son célèbre La Puissance et la Gloire autour de la question du devoir pastoral…

Presque dès les débuts de la Bible en anglais, les écrivains d’Albion ont été influencés par le livre sacré, et diverses versions ont familiarisé les Britanniques avec la poésie, les récits et la pensée bibliques ainsi que le fait remarquer le poète et critique littéraire Michael Edwards dans son essai Racine et Shakespeare. Si un traducteur leur appliquait la même politique que celle de Hachette, leurs œuvres ne présenteraient plus grand intérêt ; et, dans une moindre mesure, l’intérêt, c’est ce que perd le livre de Blyton, laquelle voulait partager à travers ses ouvrages une morale chrétienne de façon didactique ainsi qu’en témoigne une lettre au Révérend Welch, – ce à quoi s’employait ouvertement Anne Brontë.

 Dans la revue Lire de février 2015, Michael Edwards, anglais francophone, justifie ainsi la difficulté de la version au cours d’un entretien consacré à Shakespeare : « Il est toujours malaisé de traduire une langue germanique vers une langue romane, et inversement. Ce sont deux organismes différents. Et l’anglais en particulier, comme disait Céline, vient d’une autre planète. Entre l’anglais et le français, on passe d’une langue qui s’applique autant à la réalité concrète qu’aux démarches de l’intelligence à une lumière de l’esprit. La langue de Shakespeare est irrémédiablement anglaise, et exceptionnellement dense, puisqu’il songe à quantité de choses différentes dans l’espace d’un vers. La langue de la plupart des poètes anglais semble délavée en traduction française, celle de Shakespeare encore plus » (1). Si cela vaut pour excuser des versions restituant trop laborieusement des romans britanniques – que l’on songe donc à la puissance évocatrice d’Emily Brontë ! -, rien n’explique qu’une œuvre pour enfants, rédigée le plus simplement du monde, comme celle d’Enid Blyton, soit à ce point défigurée. Sinon la volonté de réécrire une histoire pour l’adapter à sa propre idéologie. De la même manière que la BBC décida en 2011 de ne plus mentionner la naissance du Christ pour situer une année.

 John John Summer

(1) Lire, numéro 432, Michel Edwards, Traduire la nature multiple de la réalité et de nos émotions

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Dans Will Hunting, le personnage principal se gaussait d’un étudiant de l’une des grandes universités du Massachusetts qui, infatué de son savoir, aurait pu l’obtenir pour 1 dollar 50 de frais de retard à la bibliothèque au lieu de débourser 150 000 dollars en frais scolaires. Si Harvard est réputée pour son excellence, la plus ancienne université américaine a récemment fait parler d’elle pour une prétention culturelle controversée. Une messe satanique devait se dérouler ce 12 mai dans la soirée à Harvard, mais a été annulée, faute de salle disponible. L’événement, présenté comme une reconstitution, était programmé par un groupe d’étudiants à des fins éducatives.

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Le Harvard Extension Cultural Studies Club avait tenté d’organiser la messe au Middle East Restaurant, mais les responsables avaient refusé de l’accueillir. La présidente de l’Université, Drew Faust – sans ironie -, avait qualifié la messe prévue de « détestable et agressive », mais avait fait valoir la liberté d’expression des étudiants. Mme Faust avait dénoncé le projet de messe sur le site Internet de Harvard comme une provocation à l’encontre de l’Église catholique dont un événement sacré devait être ainsi moqué, ajoutant que la décision du club était « de façon flagrante irrespectueuse et incendiaire ». La présidente avait précisé qu’elle prévoyait de prendre part à une eucharistie sur le campus le même soir que la messe satanique.

L’archidiocèse de Boston avait, en effet, décidé d’organiser une célébration du sacrifice du Christ, débutant par une procession entre le Massachussetts Institute of Technology et l’église Saint-Paul dans le jardin de Harvard. L’intention était de « combattre le mal », et l’archidiocèse avait exprimé sa crainte que les participants à la messe controversée « sous-estiment l’empire de Satan ».

Les membres du club, quant à eux, affirmaient que la messe noire n’aurait qu’une visée éducative et qu’il s’agissait d’explorer d’autres cultures. C’est en raison du caractère culturel de l’événement que l’Université avait dû l’accepter, ne pouvant créer de discrimination. Mais, pour le Révérend Michael Drea, « Tout ce qui trouve ses racines dans la haine ne peut être mis dans la même catégorie que la liberté et l’expression académiques. » Le prêtre avait ajouté qu’il n’y avait pas de malentendu quant à un acte satanique qui dégrade la liturgie catholique, car il ne s’agissait pas de mauvaise compréhension mais de faits.

Le Harvard Extension Cultural Studies Club avait décidé d’organiser la messe noire avec des membres du Temple satanique de New York, une association dont l’un des objectifs est que soit érigée une statue satanique en bronze devant la Chambre de l’Etat de l’Oklahoma cette année.

Ce n’est pas la première fois que l’une des universités de la prestigieuse Ivy League voit la controverse suscitée par des projets dits culturels. En 2008, une étudiante avait fait scandale en décidant d’exposer une installation représentant ses avortements et créée à partir d’eux. La présidence de Yale et l’artiste, Aliza Shvartz, se contredisaient sur cette dernière caractéristique de l’installation, l’étudiante assurant qu’elle s’était vraiment fait inséminer afin d’avorter, l’Université affirmant qu’elle lui avait prétendu le contraire.

John John Summer

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La Formule 1 est peut-être le grand sport mondial médiatisé qui compte proportionnellement le plus de compétiteurs affichant leur foi chrétienne (1). Dans le nombre des pilotes ayant fait part de leurs croyances, on trouvait le triple Champion du monde, Ayrton Senna, décédé à Imola, au Grand Prix de Saint-Marin, le 1er mai 1994. Senna, catholique fréquentant une église pentecôtiste, la Fondation de la Renaissance, trouvait matière à penser à Dieu au travers des aléas de la course, conscient d’être vulnérable et en danger de mort. Christianity Today avait même consacré un article à un documentaire sur le Brésilien en 1991.

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Tout passionné de Formule 1 ayant connu cette époque vous le dira, qu’il ait ou non supporté ou non Ayrton Senna : son pilotage était hors normes, il était un coureur rare. Dans le bon comme dans le mauvais sens du terme : 41 victoires (seuls Prost avec 51 et Schumacher avec 91 ont fait mieux), 65 pole positions (seul Schumacher en a obtenu davantage avec 68), une vitesse de pointe fabuleuse, un don pour « marcher sur l’eau » à toute vitesse, un courage frisant la témérité qui accentuait aussi le danger pesant sur ses rivaux. Au point que l’un de ses compatriotes et concurrents, Nelson Piquet Sr prétendait, moqueur, que Senna se croyait invincible avec Dieu dans sa voiture. Pourtant, Ayrton était habité par la conscience de sa mortalité : « La mort fait partie de ma vie. J’ai peur de mourir, mais j’ai appris à vivre avec elle. La peur me fascine », avait déclaré le pilote brésilien. Et la mort, il l’avait constamment frôlée au volant mais aussi quand il quitta sa voiture pour traverser la piste, alors qu’arrivaient des bolides, pour couper le contact de la monoplace du Français Erik Comas accidenté et inconscient dont la voiture. Senna avait ainsi probablement sauvé la vie de son concurrent que les secours n’avaient pas encore rejoint.

 

Découvrir Dieu au milieu du luxe, de la gloire et à cause de l’orgueil

C’est après une course restée célèbre pour la science tactique d’Alain Prost, grand rival du Brésilien, et l’impétuosité de ce dernier que Senna s’est davantage plongé dans la lecture de la Bible. Nous sommes au Grand Prix de Monaco en 1988, Senna a près d’une minute d’avance sur le Français longtemps bloqué derrière un autre concurrent : Prost sait pertinemment qu’il lui est impossible de battre son coéquipier à la régulière, il harcèle alors l’orgueil de ce dernier en commettant le meilleur tour en course ; Senna réplique pour montrer sa supériorité alors qu’il n’en a pas besoin, avant de revenir à un rythme normal… et percuter bêtement le rail parce que déconcentré. La tôle et l’orgueil froissés, le champion choisit une autre voie que la rage : alors qu’il est matériellement comblé, adulé, Senna réalise qu’il ignore Dieu. Avant ce stupide accident que l’on aurait pu accepter chez un débutant, le pilote brésilien se sentait comme sur une autre planète tant il était en train de survoler la course et devancer Prost, alors considéré comme le meilleur pilote du monde : une impression très étrange, mystique. L’humiliante défaite le ramène à sa condition humaine. Catholique, mais sans véritable intérêt pour la foi, Senna va trouver dans cet échec l’occasion de découvrir Dieu : « D’une certaine manière, j’ai appris de cette expérience et me suis rapproché de Dieu. » Ainsi, Ayrton commence à étudier la Bible quotidiennement. Sa soeur Viviane, évangélique, aura également une importance dans son cheminement spirituel.

Tourné vers les défavorisés de son pays, Ayrton Senna est alors connu pour sa foi, son patriotisme et son amour du risque. L’aura de celui que l’on surnomme l’ « extra-terrestre » ou « Magic Senna » grandit avec l’accumulation de victoires, son esthétique de la trajectoire, son duel avec Prost resté dans les mémoires et la collection de trois titres mondiaux… mais aussi à cause de son côté mystique dans un monde où aborder les questions de foi paraît relever de l’enchantement. Il possède trois couronnes à l’orée de la saison 1994 qui lui semble promise, et tout le monde le voit égaler Prost, qui s’est retiré sur un quatrième titre, puis Fangio alors pilote le plus sacré avec cinq titres, voire dépasser ce dernier. Fin 1993, le jour de son dernier sacre, son grand rival, Alain Prost, a annoncé sa retraite, et Senna va récupérer sa place dans l’écurie Williams-Renault, archidominatrice depuis deux ans. Ces deux titans qui ne s’aiment pas savent qu’ils sont bien, l’un et l’autre, bien au-dessus de quasiment tous les coureurs, dans une autre dimension. Seule ombre au tableau pour Senna, le jeune Michael Schumacher, le futur septuple champion du monde, dont le Brésilien avait réalisé le potentiel dès ses premiers tours de roue en 1991, déclarant qu’on tenait là un futur champion du monde. Mais, avec la Williams-Renault, Magic Senna peut espérer dominer l’Allemand…

Rien ne se passe comme prévu pour l’artiste

Lors du premier Grand Prix de la saison 1994, Senna part en position de pointe devant Schumacher mais est devancé par lui en course devant son public, avant de partir à la faute sous la pression. Arrivé à Saint-Marin, le Brésilien compte 20 points de retard, soit le score maximum de deux courses, sur son nouveau grand rival. Il sait désormais que la partie ne sera pas aisée. Le vendredi, son ami et compatriote, Rubens Barrichello, heurte violemment un mur de pneus après que sa voiture a décollé, mais échappe « miraculeusement » au pire ; Senna est au chevet du rescapé à l’hôpital et confie ensuite son mauvais pressentiment. Le samedi, c’est Roland Ratzenberger, le débutant, qui se tue sur le circuit lors des essais. Le premier mort en F1 depuis 1986 et le décès d’Elio de Angelis, un ancien coéquipier du Brésilien… Lorsque le médecin de la Formule 1, Sid Watkins, annonce le décès à Senna qui pleure, il lui conseille de ne pas prendre part à l’épreuve dominicale. Très affecté par cette brutale disparition, Senna envisage de recréer l’Association des pilotes de F1 dans le but de lutter pour davantage de sécurité. Le lendemain, la tension est palpable, Senna ne semble pas avoir envie de courir. Son équipe a travaillé jusque tard dans la nuit sur sa voiture pour tout vérifier afin qu’il coure l’esprit serein et ne commette pas de faute. Parti de la pole position, le Brésilien voit de suite la course arrêtée suite à un accident dans le peloton lors du départ qui a fait des blessés dans le public. Au second départ, pressé par Schumacher qui menace de le déborder, Senna quitte la piste en tête de la course devant des centaines de millions de téléspectateurs, en percutant un mur en béton à plus de 250 kilomètres à l’heure. Le Brésilien aura vainement freiné sa monoplace. La boîte crânienne est enfoncée. L’Artiste s’est tué en tête d’un Grand Prix.

La course reprend peu après, les concurrents ne sont pas informés de l’état du Brésilien et ne pensent pas au pire. Le décès est annoncé après le Grand Prix, dans la soirée. Dans sa voiture, on retrouve un drapeau autrichien qu’il comptait agiter s’il venait à gagner, en hommage à son concurrent tué la veille. Une légende vient de naître. Un symbole aussi : Ratzenberger, le débutant inconnu du public, et Senna, conquérant auréolé de prestige, égaux devant la mort.

Des centaines de milliers de personnes bordèrent les 45 kilomètres séparant l’aéroport où venait d’atterrir sa dépouille et le centre ville de São Paulo, pour saluer l’idole de toute une nation transportée par un camion de pompier. Trois jours de deuil national furent décrétés, 200 mille de personnes suivirent le corbillard dans un cortège s’étirant sur 7 kilomètres, sans compter la diffusion des funérailles à la télévision. Son cercueil, exposé à l’assemblée législative de São Paulo fut recouvert du drapeau brésilien, et  le Président Itamar Franco décora le défunt de la crand-croix du mérite. Parmi les hommes qui portèrent son cercueil, il y eut son ancien grand ennemi, Alain Prost avec qui il s’était récemment réconcilié.

John John Summer

  1. Parmi les pilotes de confession chrétienne qui ne cachaient pas leur foi, on trouvait en 2006 au moins 6 compétiteurs sur 26 ayant couru : Michael Schumacher, Felipe Massa, Giancarlo Fisichella, Jarno Trulli, Robert Kubica et Rubens Barrichello. Il est déjà arrivé que Schumacher remercie publiquement Dieu après une victoire… Le pilote, aujourd’hui dans le coma suite à un grave accident de ski fin 2013, qui arborait régulièrement de grandes croix autour du cou, faisait également preuve d’une immense générosité envers les démunis et autres blessés de la vie, convaincu que Dieu lui permettait de gagner beaucoup pour aider largement les autres.

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Défilé de la Saint Patrick.

Défilé de la Saint Patrick.

 Voudrait-on mettre une célébration d’essence chrétienne en bière, on pourrait en nier son origine ainsi que c’est le cas depuis des années avec différentes fêtes comme celles Noël. Mais il est également possible de renier la spécificité aussi bien chrétienne que purement « ethnique » d’une fête en déplaçant le sujet de l’événement. La Saint Patrick en a fait les frais cette année dans la Big Apple, le lobby LGBT a forcé le brasseur irlandais Guinness a boycotter la fête.

La traditionnelle parade de la Saint Patrick sur la 5e avenue à Manhattan, lundi 17 mars, a eu lieu sans le soutien de Guinness qui aura cédé sous à la pression LGBT. Les militants homosexuels avaient en effet décider de faire mousser leur combat en affichant leur appartenance à cette « communauté » au sein de la communauté irlandaise et s’étaient heurtés au refus des organisateurs.

Depuis une vingtaine d’années, les mouvements LGBT exigent de pouvoir parader lors de la Saint Patrick, et la Cour suprême des Etats-Unis avait eu à se prononcer en 1995, dans l’arrêt Hurley v. Irish-American Gay, Lesbian, and Bisexual Group of Boston : les juges fédéraux avaient donné raison aux organisateurs de la célébration à Boston, en faisant valoir qu’ils étaient fondés à refuser quiconque viendrait avec une message ne correspondant pas avec leurs valeurs. La Cour avait mis en avant le caractère privé de l’organisation.

Toujours sensible aux voix communautaristes, le nouveau maire de New York, Bill de Blasio, a boycotté la manifestation, tout comme son collègue de Boston, Martin Walsh. Le bar homosexuel Stonewall Inn avait annoncé qu’il ne vendrait pas de Guinness, et GLAAD, une association de défense des homosexuels avait menacé d’organiser un événement anti-Guinness le jour de la Saint Patrick si le brasseur ne retirait pas son soutien à la parade. Le terrorisme économique a fonctionné puisque Guinness a rejoint ses concurrents Heineken et Sam Adams qui avaient déjà annoncé leur absence vendredi dernier. Pour justifier sa décision tardive, prise au dernier moment, Diageo, la maison-mère de Guinness, a assuré : « Nous avons espéré que la politique d’exclusion soit annulée pour la parade de cette année. Comme cela n’a pas eu lieu, Guinness retire sa participation. Nous allons continuer à travailler avec les leaders de ces communautés pour nous assurer que les futures parades appliquent une politique non-discriminatoire. »

Si la Saint Patrick est une occasion d’entrechoquement des chopes dans une atmosphère bon enfant et de rappel des origines, c’est aussi une fête chrétienne célébrée à New York chaque 16 ou 17 mars – une souplesse calendaire pour éviter le dimanche. Maewyn Succat, futur évêque Patricius, est l’évangélisateur de l’Irlande où il a fait bâtir des églises, des monastères et des écoles au Ve siècle. C’est à sa suite que le trèfle est devenu le symbole de l’Irlande ; il avait expliqué la Trinité en montrant une feuille de cette plante à l’occasion d’un sermon. Très populaire dans la belle Erin et dans la diaspora irlandaise, sa fête donne lieu à de nombreuses manifestations. Celle de New York regroupe environ 150 000 participants, sans compter les deux millions de personnes qui assistent au défilé du cortège. Parade célébrant l’Irlande et son saint patron, il allait de soi que les revendications homosexuelles ne seraient pas acceptées : parce que c’était une provocation envers les catholiques, mais aussi parce que le sujet concernait l’Irlande et que ceux qui voulaient défiler ne le faisaient pas en exhibant leur sexualité mais leurs liens avec l’Eire. De fait, personne n’empêche les homosexuels ou les transsexuels de prendre part à la manifestation, tant qu’ils ne changent pas l’objet de celle-ci. De la même façon que la parade de la Saint Patrick n’est pas l’occasion d’agiter les emblèmes du Mexique dans le cortège sur la 5e avenue. Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny,qui a pris part à l’évènement à New York, a replacé les choses dans l’ordre, rappelant que c’est là une occasion de manifester sa « fierté d’être irlandais et non [sa] sexualité ».

Déplacer le sujet d’un événement, c’est une stratégie à laquelle sont rompus les mouvements LGBT : ils décident d’y participer ou de le contester en mettant en évidence leur spécificité alors que l’objet de la manifestation ne concerne en rien la sexualité – et quand bien même la concernerait-il, s’il est l’hétérosexualité, la revendication homosexuelle n’y a pas sa place, n’étant pas directement le sujet. Les Jeux de Sotchi en ont récemment fait les frais avec toute une propagande anti-Poutine pour son interdiction de la propagande homosexuelle dans l’espace public – l’homosexualité n’est pas pénalisée en Russie, quoi qu’en disent les médias peu curieux, les manifestations LGBT si, dans le but de protéger les enfants ; et de plus en plus d’établissements bancaires proposent des produits financiers LGBT, ainsi le Crédit Suisse, ou BNP Paribas qui a convié ses salariés à une conférence intitulée « L’orientation Sexuelle : une question d’opportunité business » – avec une majuscule à l’adjectif. Les militants LGBT ont réalisé tout l’intérêt qu’il y avait à réclamer que les entreprises s’adaptent à leur sexualité : elles perdraient leurs clients ou ne les attireraient pas, tandis que la clientèle qui ne serait pas « hétérosexuelle militante » serait indifférente à ces choix publicitaires.

Cette provocation et cette victimisation ne s’accompagnent cependant pas d’une ouverture des manifestations homosexuelles aux « hétérosexuels militants » : si des hétérosexuels tiennent à participer aux Gay Prides, ils ne sont pas refoulés, mais ils ne le pourront pas en tant que militants hétérosexuels, alors que les militants LGBT tiennent à être de la parade de la Saint Patrick non pas en tant que proches de l’Irlande, indifféremment de toute orientation sexuelle, mais en tant que militants. Déplaçant ainsi l’objet de la fête à la question sexuelle pour se poser en victimes d’une prétendue discrimination. Pas plus que ce souci de la diversité ne les encombre pas quand ils organisent les Gay Games, jeux olympiques homosexuels, où l’on image mal des militants hétérosexuels pouvoir participer en tant que militants.

John John Summer

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Faust ou Tommy Johnson – le guitariste noir du film « O’Brother »-, la liste de ceux, fictifs ou non, qui ont vendu leur âme au diable pourrait s’allonger. En ces temps de récession économique au Brésilune telle proposition apparaît dans le Jardin de l’État, à Campo Grande, capitale du Mato Grosso do Sul. Plaisanterie ou occultisme, l’offre ne laisse pas indifférents les croyants.

Offre d'achat d'âmes (Noticia Cristiana).

Offre d’achat d’âmes (Noticia Cristiana).

« Avez-vous besoin d’argent ? J’achète vôtre âme ! Paiement à vue – 9666 6966. Traiter avec le diable » (« Tinhoso » est une référence populaire au diable) : c’est le message affiché en de nombreux endroits dans la rue et la baie de La Paz dans Campo Grande. »La Paz », capitale administrative de la Bolivie voisine, signifiant « La Paix » en espagnol, il est possible d’y déceler de l’ironie. La même réclame a été vue dans l’avenue Afonso Pena.

Pour espérer savoir qui a collé ces affiches, une seule possibilité sans certitude de succès : téléphoner au numéro indiqué. Beaucoup de gens sont interloqués mais la plupart en rient.

Agent administratif dans un restaurant proche des affiches, Ivanir Bermanaschi, raconte que les clients de son enseigne en parlent. Il s’agit pour lui d’une plaisanterie de mauvais goût. Carolina Bonalume, directrice dans une administration, y voit une éventuelle stratégie de marketing visant à inciter les gens à ne pas vendre leurs votes dans un contexte financier parfois difficile. Vendre son vote, ce serait céder son âme. Mais pour Leah Nunes, mère au foyer et fidèle d’une Assemblée de Dieu, « C’est le diable ! C’est le numéro de la Bête ! » Selon elle, Satan veut acheter l’âme des jeunes et a utilisé quelqu’un pour ce faire.

Loin de tout ton péremptoire, constatons que les arnaques et autres plaisanteries touchant à la religion, payantes ou non, ne laissent pas indifférent sur l’un des continents les plus croyants. L’an passé, toujours en Amérique du Sud, était apparue à Montevideo une cabine téléphonique permettant d’entrer en contact avec Dieu, le message lui parvenant dans les 24 heures. Les buts affichés étaient de lutter contre les fondamentalismes et d’offrir un moyen d’expression à la rue pendant la première Conférence régionale sur la population et le développement en Amérique latine et dans les Caraïbes qui se déroulait alors à Montevideo.

John John Summer

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Les joyeux clips pour Roch Hachana

Il n’est pas besoin d’être juif, judaïsant, ou encore ami d’Israël pour trouver appréciable cette liberté dans un chant « religieux » célébrant la nouvelle année hébraïque. Que l’on aime ou pas ce style de musique, pareillement : on peut toujours apprécier cette liberté, même s’il est dommage que le message soit plus humaniste que biblique. Mais c’est un autre sujet…

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