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Archive for the ‘Amour’ Category

« Il n’avait aucun talent oratoire, mais la conviction erronée que son grade faisait de lui un orateur. »

( La route étroite vers le nord lointain, Richard Flanagan)

J’observais un jour des moineaux occupés à picorer des miettes quand atterrit un pigeon qui leur fit immédiatement prendre la fuite. Aussitôt après se posa une corneille qui évacua ce dernier. L’actualité donne à voir de drôles d’oiseaux qui, infatués de leur sentiment d’importance, sont comme ce pigeon, qui s’affirment face à un public de moineaux n’osant pas la contradiction. Depuis que le suffrage existe, des politiciens donnent des consignes de vote, des célébrités donnent des consignes de vote. Et il arrive que des responsables religieux en donnent, ainsi qu’en témoignent les appels à voter pour tel ou tel ou s’abstenir émanant d’individus établis, qui sur son estrade médiatique, qui sur son estrade ecclésiastique, et qui peuvent affirmer avec une apparence de précision des contre-vérités que peu iront débusquer. Convaincus, du fait de l’absence de contradiction, du génie de leur parole qu’ils pensent capable d’emporter l’adhésion, ils indiquent que choisir, comme si les moineaux que sont les électeurs, les fidèles, les fans n’étaient pas à même de trancher. Jusqu’à utiliser le nom de Dieu pour emporter la conviction…

« Dessine-moi un mouton ! » (Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry). Concept détourné, de l’amitié au suivisme.

Ces derniers temps, plusieurs médias chrétiens, avec des trémolos d’histrion plein la plume, se sont autorisés à donner des consignes (tel ou tel candidat, l’abstention ou le vote), sans aucunement rien comprendre de ce dont ils parlaient, manquant de connaissance et de réflexion sur ces sujets, donnant dans le raccourci intellectuel bien grossier, mais croyant que leur situation visible – et éventuellement la signature « pasteur » – valait autorisation de tenter d’influencer les gens qui devraient suivre sans penser par eux-mêmes… Un peu à la manière de ce personnage sorti du chapeau de l’hilarant Gorafi qui se dit connaître l’astrophysique, et se croit apte à donner son avis, du fait qu’il poste des articles – qu’il ne comprend pas – sur Facebook et dispose d’une certaine audience supposée. Et la contradiction à leurs propos risque d’attirer de l’agressivité envers celui qui s’y aventure, surtout s’il expose posément un propos documenté qui dérange celui qui utilise sa position pour convaincre et ne sait que répondre : les sarcasmes ou les ciseaux d’Anastasie ne sont pas loin… J’ai connu les deux récemment, notamment de la part d’un universitaire tenant un blog bien connu sur le fait religieux ayant passé tous mes messages à la trappe, parce qu’il ne savait pas qu’y objecter alors qu’il faisait son pigeon parmi ceux qu’il considérait comme des moineaux à qui il pouvait s’imposer intellectuellement.

Dans un chapitre de La route étroite vers le nord lointain, le narrateur expose le caractère prétentieux d’un colonel durant la Seconde Guerre mondiale, dépourvu de la moindre capacité à enflammer les troupes, les convaincre par la beauté du verbe et la puissance de la démonstration, mais à qui son statut fait s’imaginer un génie oratoire. Un officier supérieur dénué d’amour pour ses hommes réduits à l’esclavage dans l’enfer de la jungle par les Japonais. A propos de grade et d’amour, utiliser sa position médiatique ou pastorale pour dire aux gens que choisir, n’est-ce pas déconsidérer leur propre humanité et ainsi manquer d’amour ?

La considération de l’avis de l’autre, une marque d’amour

La position médiatique ou celle derrière un micro d’église peut donner, à ceux qui ne prennent pas garde à rester humbles, le sentiment d’être supérieur, d’avoir une parole plus convaincante que celle des autres. Telle célébrité étale des jugements moraux sur différents thèmes sans rien approfondir, sans rien démontrer, convaincue que sa seule aura médiatique suffit : « Vu à la télévision ! » ; telle personne disposant d’un micro dans une église peut se prendre pour excellente en débat, alors qu’elle ne débat justement pas, le silence des ouailles pouvant lui laisser l’impression d’être approuvée. J’ai eu un pasteur qui outrepassait sa fonction en donnant ses avis politiques depuis l’estrade ; je me souviens que lors d’un repas, plusieurs personnes exprimaient une idée jusqu’à ce que le pasteur intervienne et donne son opinion en citant un verset qui se voyait décontextualisé, et le silence se fit. Ce n’est heureusement pas la position de bien des pasteurs que j’ai connus, qui veillent à ne pas utiliser le nom de Dieu pour inciter les gens à penser comme eux sur le plan politique. Autrement, leur vision des autres serait carencée en amour. Ce sentiment d’importance et de talent, nourri par le fait qu’aucune corneille ne descende subitement pour confronter celui qui comme le pigeon s’impose aux moineaux, éloigne de sa propre réalité, des autres et de Dieu. La surestimation de soi a pour pendant la sous-estimation de la valeur de son prochain, ici la pensée que son individualité, lors du choix dans l’isoloir, ne compte pas et doit être soumise à celui qui, se compose une très haute idée de son importance pour dire que voter.

Les pages de La locataire de Wildfell Hall Anne Brontë offrent notamment un pasteur pétri de sa conviction d’être important et un grand orateur, qui, lors d’un goûter, donne le plus ridiculement du monde son avis sur la consommation de vin par un tout jeune enfant, qu’il estime nécessaire. L’opinion, valant celle d’un pilier de bistrot, lui a d’ailleurs été demandée par l’une des ouailles apparemment incapable de penser par elle-même, et le clergyman n’en demandait pas tant pour ennuyer la mère du garçonnet. Scène encore plus ridicule, celle du pasteur Collins dans Orgueil et Préjugés qui tente de convaincre sa lointaine cousine Elizabeth Bennet de l’épouser en exposant ses motifs comme une dissertation en plusieurs temps qu’il essaie de fonder sur la raison, sans rien écouter des objections de la jeune fille.

 

Collins, habitué à voir les fidèles dire Oui et Amen à ses prêches, est un personnage prétentieux qui s’attend à ce qu’Elizabeth approuve pareillement son propos. Comment ?!? Je suis une star, je passe à la télévision, j’ai un micro, je suis pasteur... Comment, alors que je ne me vois opposer aucune contestation en tant que star ou lors de mes sermons, ce qui devrait prouver ma force de persuasion, suis-je confronté à une objection ? Poussez-vous, c’est moi que je dois parler !

Dans les premiers temps de l’Église, la prédication était ouverte au débat, elle n’était pas magistrale. Lorsqu’il m’est arrivé d’apporter la Parole, c’est aussi ce schéma que j’ai choisi, et j’annonçais par courriel quels versets j’allais travailler afin que les autres participants – et non assistants – s’y préparent. Les temps ont changé, et l’on fait avec ce que l’on a, et cela ne préjuge pas de la valeur morale des pasteurs : dans un format de débat, certains pourraient être tentés d’écraser les opinions dissidentes ou concurrentes ; dans un gabarit de prédication magistrale bien des pasteurs sont honnêtes et capables d’accepter la contradiction après le culte. Mais cela reste tout de même un schéma qui favorise d’une part le sentiment d’être plus convaincant que ce que l’on est, d’autre part le risque d’en profiter. Notamment en période électorale, comme ce pasteur que je mentionnais – et que j’appréciais cependant sur bien d’autres plans, et à qui je reprochais directement cette attitude.

Entre tous les personnage de la Bible, l’un de mes préférés est Amos, un berger par ailleurs prophète. J’éprouve de la sympathie pour lui notamment parce que j’ai grandi en travaillant dans les champs, mais également parce qu’il ne s’attachait pas à un micro d’antan, son rôle de prophète : Amos allait parler aux puissants et s’en retournait chez lui, sans désir de garder le monopole du verbe, de l’utiliser pour une autre destination que celle que Dieu lui avait confiée. Il s’en retournait chez lui, son travail fait, pour s’occuper d’un autre travail moins médiatique, dirait-on aujourd’hui. Amos était, dans un sens, un peu cette corneille qui arrivait face aux chefs prévaricateurs à l’attitude de pigeons surplombant les moineaux. Ces chefs si gonflés de leur prétendue importance découvraient alors quelqu’un capable de les confronter. On a l’image du pasteur, dans Entre Ciel et Terre de Jon Kalman Stefansson, qui s’irrite contre les corbeaux sur le toit de l’église qu’il ne peut atteindre.

Le sacerdoce est universel en Christ, le suffrage l’est aussi dans la plupart des démocraties ; et la position de prêtrise médiatique ou ecclésiastique ne confère pas plus de d’autorité pour dire que voter, un conseil ne pouvant s’appuyer légitimement sur la connaissance et non sur un nom, une situation plus ou moins médiatisée, un micro, une estrade. Ou alors le pasteur, le journaliste chrétiens seraient, du seul fait de leur foi au lieu de celui de la compétence, qualifiés pour parler de tout et rien, comme le Simon du Gorafi d’astrophysique. Et s’il est légitime de discuter des points de vue politiques du moment que les gens sont d’accord pour le faire, il est malsain de prétendre dicter ce qu’il convient de voter, chacun ayant sa liberté de vote ; encore plus en se servant du nom de Dieu. Le titre de pasteur ou de journaliste chrétien ne confère pas de fait une autorité spirituelle pour imposer ses vues politiques. Ces derniers temps, différents articles ont dépassé les limites de l’information. Or, l’amour chrétien commande d’accepter que l’autre ne pense pas comme soi.

Le problème n’est pas d’exprimer une opinion politique dans un article, mais de se poser au-dessus des lecteurs en convoquant le nom de Dieu et en usant d’autres grosses ficelles sur le plan intellectuel pour les orienter. Le respect d’autrui ne saurait tolérer sa dépréciation, et quand bien même l’on se saurait plus intelligent qu’une autre personne, Dieu désapprouverait le fait d’en profiter pour essayer de manipuler ses idées : se savoir ou s’imaginer plus intelligent que son prochain n’autorise pas à le traiter comme un idiot. Dieu est infiniment plus intelligent que nous, mais il ne s’autorise pas à nous traiter en imbéciles, et s’il ne nous révèle pas tout, c’est non point par raccourci intellectuel, mais parce que ses plans dépassent ce qui nous est intelligible. Si Dieu n’use pas d’expédients raisonnements douteux, comment pourrait-on sérieusement le faire en y ajoutant son nom ?

John John Summer

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« Ô quand sera-ce que je songerai à être en effet, sans me mettre en peine de paraître ni à moi ni aux autres ? » (Bossuet) (1).

Cette phrase extraite d’une lettre de Bossuet illustre densément la question du paraître qui trouve aussi place dans le milieu chrétien et se décline entre l’illusion donnée aux autres et celle à soi-même.

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   L’Église est, pour ainsi dire, une société de rachetés mais de rachetés encore terrestres. « Le cœur de l’homme est tortueux par dessus tout, et il est méchant : qui peut le connaître ? », demandait Dieu par le prophète (Jérémie 17:9), et tant que nous serons dans ce monde, nous serons soumis à diverses tentations et faillirons, et parmi elles celle du paraître. Présenter l’image du chrétien parfait, voire quasiment surnaturel en raison d’une prétendue connexion à très haut débit qui fait de soi un chrétien de l’éther net, très aérien et propre peut se faire en relâchant la pression par le biais d’une tartufferie presque vitale pour ne pas sombrer subitement comme après un diète mal gérée ; mais l’humain possédant un cœur tortueux, il est capable de se mentir à lui-même, sur ses vraies motivations, sur sa réalité.

 La psychologue Monique de Kermadec a mis en perspective deux études révélatrices du mensonge sur soi. La première, menée 1986, révèlait que 80% des automobilistes se considéraient plus adroits et moins dangereux que la moyenne : si cela est possible, dès lors que l’on quantifie la prudence et que 20% roulent tels des bateaux ivres, sans maîtrise, beaucoup moins bien que la moyenne, ça ne l’est pas dès lors qu’il s’agit de se positionner sur la moralité de sa conduite. Cette impossibilité logique sur le plan moral se retrouve également dans une autre étude, de 2013, menée auprès de prisonniers révélant leur sentiment d’avoir des dispositions morales supérieures à celles des intentions de la moyenne (better than average effect). Une supériorité morale illusoire, au vu des raisons de leur enfermement qui peut s’expliquer par le désir sinon le besoin de justification : ici, sur le plan des intentions, c’est une possibilité, rien n’assure que la majorité des gens ne rêvent pas de voler quand une dépense est impossible tout en songeant à voler, et commettre des crimes peut-être pires que ceux des condamnés, mais seuls les faits peuvent compter pour juger, et les prisonniers ont, s’ils n’ont pas été condamnés à tort, commis des délits et des crimes que n’a pas tenté la majorité. Dans les deux études apparaît une sur-indulgence envers soi si ce n’est également une surévaluation de ses aptitudes et qualités. Un biais cognitif qui vaut également pour l’estime intellectuelle que l’on peut avoir de soi ou l’appréciation de sa propre spiritualité.

 La Bible dit que le cœur humain ne peut être vraiment connu que de Dieu, et l’apôtre Paul assure : « Si je distribue tous mes biens aux pauvres, si même je livre mon corps aux flammes, mais que je n’ai pas l’amour, cela ne me sert à rien » (1 Corinthiens 13:3). Comment une telle distinction peut-elle exister ? L’abnégation jusqu’à la mort, n’est-ce pas une marque d’amour ? A priori, l’on serait tenté d’opiner. Mais le discernement, aussi bien extérieur qu’introspectif, peut amener à détacher les actes des motivations. Aussi bien un discernement purement psychologique, le fameux « Connais-toi toi-même » de Socrate (qui pour les Anciens invitait à l’humilité), que spirituel peuvent aider à comprendre les ressorts de ses gestes loués par l’assemblée et fièrement considérés par soi.

 « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du cœur » (Hébreux 4:12)

 L’abnégation, c’est en quelque sorte la mort à soi-même : renoncer à ce à quoi l’on est attaché, même la vie par amour pour une personne, un idéal. L’homme qui, comme le Christ s’est donné pour l’Église, doit être disposé à mettre sa vie en jeu pour protéger sa femme ; les parents qui doivent être prêts à faire prévaloir la survie de leur enfant menacé sur la leur ; le soldat qui est prêt à mourir pour défendre sa patrie. Rien que de la noblesse, mue par l’amour. Mais comment reconnaître le soldat qui, habité d’un fort amour pour sa communauté, sa famille, accepte le risque de voir son sang couler de celui qui, tête brûlée, en quête de gloire, meurt au combat ? La communauté n’a pas à tenter de discerner, elle doit rendre hommage à ceux qui ont veillé sur elle et ont péri, quel que fût le soubassement de leur bravoure. Et même ceux qui ne furent point braves, mais téméraire – car leur inconscience face au danger empêche de parler de courage -, car la communauté ne peut pas discerner.  Chacun verra sa mémoire et son sacrifice honorés… (et un jour oubliés), mais certains sont morts sans mourir à eux-mêmes, juste par vanité, la quête de la gloire, pure apparence. Et que dire de la personne qui se dévalorise tellement qu’elle peut sacrifier sans peine, sa vie ou son temps ? En apparence, elle pourra paraître dévouée alors qu’elle cherche peut-être de la reconnaissance, croit qu’en s’oubliant elle obtient le respect qui lui fait tant défaut. Elle pourra être honorée… (et un jour oubliée). Tout comme celle qui fait don d’elle-même dans la communauté des chrétiens et est motivée non par un désir d’abnégation mais celui de désir de paraître aux autres mais également à soi… car, dans ses méandres, le cœur humain peut inciter à se mentir sur soi. Comme peut-être dans le cas des 80% d’automobilistes se jugeant plus respectueux de la loi que la majorité des conducteurs ou les prisonniers assurant disposer d’un sens moral supérieur à celui de la majorité des citoyens en liberté. Dans le cas des chrétiens, Dieu fait la différence, l’entourage chrétien peut éventuellement discerner, que ce soit pour tendre la main ou éviter que la personne « dévouée » n’en fasse trop à son propre détriment ou celui de la communauté.

 Bossuet écrivait : « Ô quand sera-ce que je songerai à être en effet, sans me mettre en peine de paraître ni à moi ni aux autres ? Quand serai-je content de n’être rien, ni à mes yeux, ni aux yeux d’autrui ? Quand est-ce que Dieu me suffira ? Ô que je suis malheureux d’avoir autre chose que lui en vue ! Quand est-ce que sa volonté sera ma seule règle, et que je pourrai dire avec saint Paul : « Nous n’avons pas reçu l’esprit de ce monde ; mais un esprit qui vient de Dieu ? » Esprit du monde, esprit d’illusion et de vanité, esprit d’amusement et de plaisir, esprit de raillerie et de dissipation, esprit d’intérêt et de gloire, Esprit de Dieu, esprit de pénitence et d’humilité, esprit de charité et de confiance, esprit de simplicité et de douceur, esprit de mortification et de componction, esprit qui hait le monde, et que le monde a en aversion, mais qui surmonte le monde : Dieu veuille nous le donner. »

 Dès lors paraître pour être honoré ne comptera plus et paraîtra par ailleurs d’une grande futilité : en s’oubliant en apparence, on obtiendra les honneurs dans l’immédiat, mais le temps efface la mémoire du dévouement apparent… Y aurait-il un intérêt sérieux à passer pour ce que l’on n’est pas devant le monde alors que Dieu ne s’attache pas aux apparences qui dupent le monde ? Y aurait-il un intérêt sérieux à passer pour ce que l’on n’est pas devant l’Église alors que Dieu n’est pas ingénu ?

 Mais, et je terminerai sur cette conclusion ouverte, l’on peut se mentir sans rechercher les honneurs : l’éducation, le conditionnement peuvent favoriser des dispositions de service qui n’ont que peu à voir avec l’amour. Ainsi des enfants de pasteurs éduqués pour faire honneur à leurs parents dans la communauté et qui se dévouent sans compter aux autres peut-être sans jamais examiner les tréfonds de leurs motivations (il ne s’agit pas de plonger dans une introspection ennuyante car abusive) et qui peuvent croire être mus par le seul amour alors que c’est la seule manière d’être dans l’église qu’ils connaissent pour être de bons chrétiens. En toute chose, demander à Dieu de juger les sentiments et les pensées du cœur, sans que cela ne devienne une obsession puritaine, m’apparaît comme sain. « Il faut qu’il croisse et que je diminue » (Jean 3:30) ; et plus il croît, plus l’on peut apprendre de lui sur soi, sur ses motivations.

John John Summer

(1) « Œuvres complètes de Bossuet, Tome onzième, Lettres diverses »

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(A meditation I brought two years ago.)

Reading : 1 Kings 19

Elijah was a great prophet, having seen a powerful God, but depressed due to Queen Jezebel’s threats on his life, after yet having triumphed over the 450 prophets of Baal.

Scared of those threats, Elijah ran away; withdrawing into himself, he felt lonely (19:10) and disarmed. Nevertheless, one hundred prophets had been hidden before his victory (18:4) and God is about to reveal to him that he has reserved seven thousand faithful men in Israel (19:18).

The Lord comes in the desert, near the cave where is Elijah, asking him what he’s doing there.

Outside, on the mountain, there is a powerful wind devastating the rocks; after that, an earthquake, and then a fire, but God is not within. Then, there is a small voice: thereby, God, present in this breeze, encourages Elijah.

This faithful prophet knew the miracles and the power of God, he had seen that the Almighty had burned a drenched altar when he vanquished the Baal’s servants -it was not a narrow victory!-, or a child rose from the dead. Elijah did not need any display of power, but that God closed in on him: he needed the closeness of the Lord – the latter knew his needs. The Lord knew that asserting his strength would not  have helped Elijah who did not only look for a strong God, but a God with sweetness. And God will give him a friend, an earthly friend (moreover, this earthly friend is a kind of symbol: a man ploughing the soil, for Elijah needed communion with a human being too).

Therefrom, I guess that there was no closeness between Elijah and the people. The people came near him, but was quite passive, a kind of bystander.

Dwelling together in unity, in nearness

In this perspective, I have thought of 1 Corinthians 13 (till the end). Talking about Revival, lots of Christians describe something that seems to be an impressive show. For them, the most important things are charismata, miracles, etc. Or spending a nice time of worship is considered as a revival. Yet, 1 Cor. 13 says one could have enough faith, so that one could remove mountains, or could speak in the tongues of angels, or could be an erudite theologian understanding all mysteries, one is nothing without love. « Nothing » means that spiritual gifts, miracles, knowledge, and even self-sacrifice are not above love. And that without loving, Christian people are spiritually fruitless, because those works are in the flesh. For love is even beyond faith and hope. Revival is first and foremost the fruit of the Spirit. And excellent as charismata, miracles or self-sacrifice may be, they are less important than love. For the purpose of gifts is the growth of the Church (1 Cor.12:7). Dwelling together in unity (Psalms, 133:1), increasing in love, growing together, is the aim of God’s family, unity. We are members of the same body (1 Cor. 12:12-27), even those who seem to be weaker (v.22). Weaker like Elijah in the desert. Aiim of the gifts is love, the closeness, the same as between Elijah and Elisha. There, there is the Revival as when the angel came, twice, to wake up Elijah.

Closeness means to consider the brethren (1 Cor.12:26; Romans 12:15). One does not deeply love God without loving one’s brother. Worshiping to spend a nice time, while forgetting one’s brethren is not a gathering in love. Jesus said : « For where two or three are gathered together in my name, I am there in the midst of them » (Matthew 18:20), and the disciples who meet to pray or worship have love for one another (John 13:34-35). For example, having a nice time in worship while not considering (even ignoring) a sister or a brother could be something like in this verse : « Like one who takes away a garment in cold weather, and like vinegar on soda, is one who sings songs to a heavy heart » (Proverbs 25:20). Closeness is something coming from God, like between Elijah and Elisha. Going to church to see impressive demonstrations without loving one’s brethren is not the Revival.

Otherwise, there is a risk of schism (1 Cor. 12:25), not especially an important schism like between two denominations, but a wound in the brotherhood. Understanding the weaknesses, respecting the strengths of brethren, signifies unity despite disagreements. Consequently, it is possible to sing together, to dwell together and to desire it for all days of one’s life, like David (Psalms, 27:4). For dwelling in unity is like the unction (Psalms, 133:2). Unction means Revival.

John John Summer

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Il y a 65 ans était assassiné le père de l’Inde libre, Gandhi. Le matin de sa mort, celui qui refusait le titre de « Mahatma » (Grande âme) chantait encore un cantique, son préféré, Abide with me. Cet hymne répandu dans tout le Commonwealth britannique et dont la version française est « Reste avec nous ». Une prière à Dieu de rester près de soi dans l’épreuve et même la mort.

Il ne saurait être question de dire si Gandhi est sauvé ou non, il faudrait avoir accepté Jésus pour cela, et personne ne sait ce qu’il en a été au dernier moment de sa vie, dans son cheminement intérieur. Mais l’on sait que Gandhi, lecteur de la Bible, disait que le témoignage des chrétiens ne lui avait pas donné envie de se convertir. De là à imaginer que si les chrétiens avaient eu un meilleur témoignage, le célèbre hindou se serait tourné vers Dieu, il y a une limite que nous ne franchirons pas.

Abide with me; fast falls the eventide;

The darkness deepens; Lord with me abide.

When other helpers fail and comforts flee,

Help of the helpless, O abide with me.

Abide with me parle de la solitude dans la détresse, quand le jour se voile de ténèbres et que toute les aides et consolations s’évanouissent, et il annonce qu’il reste encore Dieu. Abide with me est un magnifique chant d’espérance en Dieu dans l’épreuve, et qui se sera quelque peu attaché à connaître les aspirations spirituelles de Gandhi ne pourra rester indifférent à sa prédilection pour ces mots, encore le jour de son assassinat. Car, si Gandhi ne voulait pas devenir chrétien, il empruntait au christianisme, ainsi le fait de tendre l’autre joue en cas d’injustice (Matthieu 5 : 38-39), une idée qu’il ajouta à l’ahimsa hindoue – un principe de non-violence.

Christianisme et amour des âmes : le témoignage par les actes

Dans la calviniste mais raciste Afrique du Sud, Gandhi va découvrir une application peu orthodoxe du christianisme. La plus connue de ses expériences est celle de son expulsion d’un train pour avoir refusé de passer en troisième classe alors qu’il avait acheté un billet pour la première. Et en Inde, il sera confronté au mépris des colons officiellement chrétiens. Pour Gandhi qui haïssait déjà le système hindou de la discrimination des castes et le rejet des Dalit (intouchables), le témoignage des chrétiens en Afrique du Sud et en Inde sera un contre-témoignage. Il dira que la seule raison qui l’aura empêché de devenir chrétien, ce sont les chrétiens, ne retrouvant pas en eux l’idéal chrétien de Léon Tolstoï qui dénonça, après sa conversion, l’hypocrisie des institutions chrétiennes. Un refus qui ne peut que questionner.

Certes, il est de bon ton et convenu dans les milieux chrétiens actifs de déclarer que les chrétiens auxquels fut confronté Gandhi n’étaient que des chrétiens de culture, qui n’étaient pas réellement convertis et n’avaient pas découvert Dieu. Mais ce témoignage soulève tout de même la question du comportement des « chrétiens » en général, pas seulement de ceux qui ne sont pas convertis et n’ont qu’une pratique culturelle, mais également ceux qui confessent Jésus comme leur Sauveur et Seigneur.

Abide with me parle de la solitude dans la foi, quand tout soutien fait défaut. Notamment les soutiens de la part de chrétiens, frères et soeurs dans la foi. Se pose la distinction de la foi et de l’amour, et la possibilité de parler séparément de « frères et soeurs dans la foi » et « frères et soeurs dans l’amour ». Une distinction à partir du texte de 1 Corinthiens 13 accordant la primauté à l’amour. Car si c’est par la foi en Christ que l’on est sauvé, la foi sans les oeuvres est morte :

Parlez et agissez comme devant être jugés par une loi de liberté,

car le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde. La miséricorde triomphe du jugement.

Mes frères, que sert-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les oeuvres ? La foi peut-elle le sauver ?

Si un frère ou une soeur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour,

et que l’un d’entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ?

Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas les oeuvres, elle est morte en elle-même. (Jacques 2 : 12-17)

Cette foi, au moins culturelle, morte, c’est celle que vit Gandhi, c’est celle qui, dénuée d’amour, ne lui donna point envie de devenir chrétien. Les religieux pouvaient parler de l’amour de Dieu, mais, si cet amour n’était pas montré, il ne valait rien. C’est le propos de Jésus qui énonce que c’est l’amour qui est témoignage :

Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. (Jean 13 : 34-35)

Un amour, disons-le, trop souvent confondu avec la seule amitié, au point que l’on peut se demander si les chrétiens s’aiment parfois seulement par amitié ou par réel amour fraternel, en Christ. Une question qui ouvre la porte sur la frustration pour qui espère vivre dans l’Eglise ce que demandait Jésus, ce qui devrait exister quand Dieu agit. Et si comme les chrétiens culturels qui avaient donné un mauvais témoignage à Gandhi, les chrétiens convertis ne se donnaient pas de vrais témoignages d’amour fraternel, mais simplement quelque chose de superficiel ?

John John Summer

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Auteur inconnu

L’autre jour, je me baladais. En passant sur un pont, je vois un gars sur le parapet, prêt à se lancer dans le vide. Immédiatement, je me précipite auprès de lui, et je lui crie d’arrêter, de ne pas sauter.
– Et pourquoi ne devrais-je pas sauter? me dit-il alors.
– Parce qu’il y a bien trop de formidables choses à vivre, et tellement de gens intéressants avec qui vous avez des choses en commun à rencontrer!
– Comme qui, par exemple?
– Eh bien, euh… vous êtes croyant ou athée?
– Croyant.
– Moi aussi! Vous êtes chrétien ou juif?
– Chrétien.
– Moi aussi! Vous êtes catholique ou protestant?
– Protestant
– Moi aussi! Vous êtes Episcopalien ou Baptiste?
– Baptiste.
– Waow! Moi aussi! Vous êtes Baptiste Eglise de Dieu ou Baptiste Eglise du Seigneur?
– Baptiste Eglise de Dieu.
– Moi aussi! Vous êtes Baptiste Eglise de Dieu Originelle ou bien Baptiste Eglise de Dieu Réformée?
– Baptiste Eglise de Dieu Réformée.
– Moi aussi! Vous êtes Baptiste Eglise de Dieu Réformée, réforme de 1879 ou Baptiste Eglise de Dieu Réformée, réforme de 1915?
– Baptiste Eglise de Dieu Réformée, réforme de 1915!
Alors c’est là que je lui ai dit:
– Crève, espèce d’ordure hérétique! et je l’ai poussé dans le vide.

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J’écrivais récemment au sujet d’une histoire d’amour sur le Titanic non relayée par le cinéma, celle du Père Joseph Peruschitz qui considéra la vie des passagers comme plus importante que la sienne, voulant s’assurer du salut du plus grand nombre avant l’ensevelissement vivant dans les eaux glaciales de l’Atlantique nord. CBN News aborde dans son édition du 18 avril une autre histoire d’héroïsme dans la foi, celle du pasteur John Harper qui abandonna sa vie pour demander à ceux qui allaient probablement mourir de donner la leur à Dieu.

 Il était près de minuit quand les passagers du Titanic sur lequel quelqu’un avait peint le slogan anarchiste « Ni Dieu ni maître ! » furent réveillés par l’alerte : le gigantesque paquebot venait de heurter un iceberg et prenait l’eau. Parmi eux, John Harper, un pasteur de 39 ans qui avait servi dans des églises à Londres et Glasgow, et qui était invité à prêcher à la fameuse Moody Church de Chicago. Dès qu’il le put, Harper déposa sa fille de 6 ans, Annie Jessie, et sa nièce Jessie W. Leitch dans un canot dans lequel il n’entra pas bien qu’il en eût le droit de par son veuvage. Il avait une mission cruciale cette nuit-là, et il savait qu’il ne reverrait probablement jamais vivante son enfant. Alors, sans perdre de temps, le pasteur se mit à la tâche, annonçant le salut en Jésus-Christ aux passagers. Et quand il se trouva un homme pour refuser explictement le message, Harper lui offrit sa seule protection matérielle, son gilet de sauvetage : « Vous en avez davantage besoin que moi ! » Et quand le navire entama son enfouissement marin, le pasteur cria : « Les femmes et les enfants, ainsi que ceux qui ne sont pas sauvés, aux canots ! » Et jusqu’au dernier moment sur le paquebot plongeant, Harper parla du salut en Jésus. Et quand des centaines de malheureux essayèrent de survivre dans les eaux glaciales avec des kilomètres d’abysses sous eux, Harper nagea de l’un à l’autre pour prodiguer un dernier enseignement à qui voudrait le recevoir. Un survivant raconta plus tard qu’il avait refusé l’offre de Harper avant de se convertir quelques minutes plus tard lorsque le prêcheur revint vers lui pour lui demander à nouveau de se tourner vers Jésus. Avant de perdre son combat contre l’hypothermie et de sombrer, achevant sa course dans l’eau et remportant la couronne de justice. Ce survivant récupéré par un canot déclara être le dernier converti de Harper du vivant de ce dernier.

Les passagers ont rapporté que le pasteur parlait notamment d’Actes 16 :3, racontant que Paul avait emmené avec lui Timothée. Bon berger, Harper connaissait sa Bible mais aussi sa mise en pratique, l’amour concret au-delà de la théorie. Harper qui avait commencé à prêcher à 18 ans, tout en travaillant dans une usine, ne craignait pas de s’immerger dans l’âpreté et la rudesse. Il avait ce trait d’un petit berger d’Israël qui mettait sa vie en danger pour protéger ses brebis des lions et des ours. Et il était appelé à un grand destin, à coiffer la couronne. Mais avant le sacre, il fallait être capable de renoncer à ses droits. Ce qu’il fit en n’embarquant pas bien que le protocole du sauvetage l’y autorisât. Comme Paul et Silas qui renoncèrent à leur droit et se laissèrent guider par Dieu pour le salut de leur geôlier et des siens (Actes 16 :16-34). Laissant deux brebis, désormais à l’abri, sa fille et sa nièce, Harper alla chercher les autres âmes, comme le bon berger peut ne pas oublier une brebis perdue quand les autres sont en sécurité. Même si son histoire est un cas de conscience entre Dieu et lui, une affaire de casuistique. Renonçant à ses droits, le bon berger se tînt comme un autre héros de cette nuit, Joseph Peruschitz qui sut se comporter en honnête pasteur au service des âmes devant lui, vivant son ministère au sens étymologique : « servir ».

Il arrive que des ministres aient oublié que leur titre correspond à celui de serviteurs, et ils scandalisent les petits. Ézéchiel prophétise à leur endroit et Jésus déclare que celui qui offense ainsi ces plus faibles connaîtra un sort pire que s’il avait été jeté dans la mer avec une meule autour du cou. Les petits ne sont pas que les enfants, ce sont tous ceux à qui le disciple du Christ doit montrer la voie. John Harper a su le faire, au moins une personne a accepté son appel ; et, si son corps a été avalé par l’océan, c’est sans meule autour du cou qu’il a sombré.

Il était près de minuit quand les passagers du Titanic sur lequel quelqu’un avait peint le slogan anarchiste « Ni Dieu ni maître ! » furent réveillés, beaucoup pour s’endormir peu après dans l’éternité. Quand sonnent les coups de minuit, c’est l’heure où paraît l’Époux.

John John Summer

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A l’occasion du centenaire du drame du Titanic, TMC nous a présenté deux téléfilms sur le naufrage et le cinéma une version 3D du célèbre film avec Leonardo di Caprio et Kate Winslet qui relatait une histoire d’amour entre deux passagers, Rose en première classe, Jack en troisième. La fin du film est une narration cousue de romantisme courtois, le vagabond Jack sacrifiant sa vie pour que la femme qu’il aime puisse continuer la sienne. Mais il y a un siècle, se dénouait une histoire d’amour tragique et réelle sur le Titanic, rapportée par le Bild Zeitung du 14 avril, celle d’un prêtre qui allait offrir sa vie pour vivre son sacerdoce parmi les fidèles.

Le Père Joseph Peruschitz, prêtre bénédictin bavarois de 41 ans, est en route pour le Minnesota où il doit prendre part à la fondation d’une école liée à un couvent. S’il loge en seconde classe, le prête n’hésite pas à passer du temps au niveau inférieur pour célébrer des cultes fervents avec les plus pauvres du paquebot qui émigrent vers une vie meilleure. Quand se produit la collision avec l’iceberg, le Père Peruschitz aide les femmes et les enfants à embarquer dans les chaloupes… au lieu de sauver sa propre vie alors qu’il en a le droit. Quand le navire commence à se pencher pour sombrer à la verticale, des passagers se regroupent autour de lui. Son corps est à jamais englouti. Une tragédie d’amour qui rappelle le sacrifice de Maximilien Kolbe, un frère franciscain qui avait demandé à prendre la place d’un père de famille condamné à mourir d’inanition avec neuf autres détenus et qui avait réussi à maintenir le calme dans le groupe jusqu’à la mort. Mais une histoire d’amour qui illustre également celui du bon berger et accuse les manquements des mauvais.

Le Père Peruschitz n’a pas triché avec sa foi contrairement aux « vauriens » qu’étaient les fils d’Eli qui cherchaient les bons morceaux des sacrifices (1 Samuel 2:12-16). Des hommes censés servir le peuple et qui, même devenus juges, se comportaient en prévaricateurs, faisant « fléchir le droit » (1 Samuel 8:1-3). Le Père Peruschitz n’a pas méconnu sa charge, n’imitant point « les pasteurs qui se paissent eux-mêmes » au lieu de mener le troupeau dans les verts pâturages, des pasteurs dénoncés par Ezéchiel 34:1-10. Le bénédictin a cherché et pris soin du « troupeau » en bon berger. Le Père Peruschitz a simplement fait passer son espérance dans la vie éternelle en premier pour en parler aux autres passagers. Comme un bon berger.

John John Summer

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